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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 19:29

 

                                                                            La dynastie aghlabide à son apogée.

La naissance de l’émirat aghlabide en Ifrîqiya (forme arabe de l’ancienne Africa, espace recouvrant la Tunisie actuelle, la moitié orientale de l’Algérie et la Tripolitaine) intervient au terme d’un demi-siècle de troubles politiques et religieux consécutifs à la révolte berbère de 740. Après la chute du califat omeyyade en 750, les Abbassides de Baghdad ne sont pas parvenus à établir d’une manière permanente leur autorité sur la province. La dynastie des gouverneurs Muhallabides, fidèles aux nouveaux califes, a dû affronter les révoltes des contingents arabes (jund).

C’est dans ce contexte agité qu’apparaît Ibrâhîm ibn al-Aghlab, de la tribu arabe de Tamîm, qui était sous-gouverneur du Zâb, et se trouvait à la tête d’un imposant jund basé à Belezma. Grâce à sa loyauté à l’égard de Baghdad, il se voit proposer le gouvernorat de Kairouan, qu’il accepte à la condition d’être reconnu par Hârûn al-Rashîd comme émir à la tête d’un pouvoir héréditaire et non comme wâlî (gouverneur). Il est ainsi investi par le calife en 800, instaurant pour la première fois un pouvoir dynastique autonome au sein du califat abbasside. Ibrâhîm et ses premiers successeurs réussissent à déjouer les révoltes du jund de Tunis et établissent un pouvoir stable calqué au niveau de ses institutions et ses attributs sur le modèle de Baghdad. Ils se dotent de vizirs, de chambellans, ainsi que de nombreux dîwân, offices du gouvernement chargés des différents domaines : chancellerie (kitâba), poste (barîd), armée (jund), fiscalité (kharâj). Ils frappent des monnaies d’or (dînâr), privilège généralement réservé au pouvoir califal. Enfin, comme les Abbassides, les Aghlabides se sont dotées de deux villes princières à proximité de Kairouan : al-`Abbassiyya, construite par Ibrâhîm dès 800-801 et Raqqada, fondée en 876 par Ibrâhîm II (875-902).


Les Aghlabides étaient de grands bâtisseurs ; plusieurs des monuments qu’ils nous ont laissés sont de véritables joyaux de l’art musulman. La grande mosquée de Kairouan en est incontestablement le meilleur exemple. Sur le site de la première mosquée bâtie par ‘Uqba, conquérant de l’Ifrîqiya et fondateur de la ville, l’émir Ziyâdat Allâh Ier décide en 836 la reconstruction de la Grande Mosquée, agrandie ensuite par Abû Ibrâhîm (856-863). La mosquée offre un plan en T, avec, perpendiculairement au mur de la qibla, sept nefs de part et d’autre d’une nef axiale. Au nord de la salle de prière hypostyle, reposant sur une forêt de colonnes en pierre, se situe une large cour centrale, à la limite de laquelle se trouve un minaret de plan carré. La décoration luxuriante du mihrâb représente le soin apporté au monument par les Aghlabides et témoigne des influences qui l’ont inspirée. Outre la peinture qui orne la voûte du mihrâb, celui-ci est décoré de 28 panneaux de marbre sculpté, garnis essentiellement de motifs floraux de tradition byzantine. L’intérieur et la façade du mihrâb, sont tapissés de carreaux de céramique à reflets métalliques monochromes ou polychromes importés d’Irak, où ce type de faïence de luxe est apparu à l’époque abbasside (IXe siècle).



                                                                                  la mosquée de Kairouan

La grande mosquée de Tunis (al-Zaytûna), fut également reconstruite par les Aghlabides en 864-865. Son plan en T est comparable à celui de Kairouan, comme d’ailleurs les éléments architectoniques de la salle de prière, élevée sur des arcs en plein-cintre outrepassé reposant sur des colonnes antiques surélevées par des surabaques et des impostes. Cette structure aérienne est soutenue par des tirants en bois.

Les Aghlabides ont élevé ou favorisé la construction, le long des côtes de l’Ifrîqiya, de plusieurs ribâts. Le ribât de Sousse, qui en est le parfait exemple, présente une enceinte rectangulaire dont les côtés et les angles sont renforcés par des tours circulaires. À l’intérieur du bâtiment, se trouve une cour centrale, bordée d’une salle de prière et de cellules voûtées destinées au logement des volontaires. Une tour-vigie construite sous l’émir Ziyâdat Allâh renforce l’aspect défensif du site. Ce bâtiment, dont la fondation semble antérieure aux Aghlabides, offre une disposition similaire au ribât de Monastir, construit par le gouverneur Abbasside de l’Ifrîqiya, Harthama en 796.


À la fin du IXe siècle, la mission ismaïlite dirigée par Abû ‘Abd Allâh prend racine chez les berbères Kutâma. L’insurrection qui éclate en 902 fait rapidement vaciller l’édifice aghlabide. Le succès des Fatimides est fulgurant et le dernier aghlabide, Ziyâdat Allâh III, s’enfuit vers l’Orient en 909.


La Sicile a été arabe pendant plusieurs siècles, ici on retrouve cette influence dans l'architecture. Le palais de la Zisa.

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Published by Mehdi
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