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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 14:32

L’idée généralement retenue est qu’avant la première Croisade, les pays d’Islam avaient conscience des armes et des techniques militaires occidentales. Si cette situation semble avoir concerné l’Andalousie, en revanche le Proche-Orient, en contact avec les arts militaires byzantin et perse, en a tiré directement son propre art de la guerre.


                                                                                                                                                                                                                    

 

 

Ainsi, les armes blanches privilégiées, sabre (lame courbe à un seul tranchant) et épée (lame droite à double tranchant), cohabitèrent dès le début de l’Islam, même si l’épée domina au moins jusqu’au XIIe siècle, figurant notamment sur les miniatures médiévales et sur les bas-reliefs des portes fatimides du Caire (fin du XIe siècle). Le sabre, originaire d’Asie centrale, fut d’abord utilisé par les cavaliers avant d’être progressivement adopté par les piétons à partir du XIIIe siècle, l’épée conservant toutefois une fonction cérémonielle. Plus tard, le sabre devint un objet de prestige, arborant décorations, inscriptions et formules coraniques. Le poignard, arme personnelle à petite lame, connut les mêmes développements que le sabre avec une prédilection pour une lame courbe. Arme blanche également courante, la hache, à fer pour les piétons ou d’arçon pour les cavaliers, pouvait être maniée en même temps que le sabre ou l’épée, et est apparue dès le VIIe siècle, se diffusant surtout à l’époque mamluke sous une forme allongée à tête en croissant gravée du nom d’un souverain ou de sourates du Coran. Enfin, la lance, à la hampe en bambou et d’une longueur moyenne de quatre mètres, était fréquemment employée par les troupes à pied et les cavaliers musulmans.

L’une des particularités de ces armes blanches médiévales est l’emploi fréquent d’un acier très solide, obtenu à partir d’un procédé originaire d’Inde fondé sur la fusion prolongée de fragments de fer avec du charbon, puis le trempage et forgeage de l’amalgame créé. Les moirures obtenues par la frappe de cet acier lui donnèrent le nom d’acier « damassé ». 

Arme contondante, la masse, à la tête en fer forgée d’un seul tenant avec le manche ou à la tête montée sur une hampe en bois, fut développée principalement entre les Xe et XIIIe siècles et connut une fonction plus cérémonielle à l’époque ottomane.

En ce qui concerne les armes de trait, l’arc composite court, d’origine parthe, fut utilisé par le cavalier musulman à partir du VIIIe siècle. Il était formé de corne, de bois et de tendons assemblés avec de la colle et ses cordes étaient souvent en soie. L’arbalète, projetant mécaniquement un carreau calé sur un fût, possédait une plus grande force de frappe pour une cadence de tir faible. Mentionnée chez les Perses dès le IXe siècle, elle se diffusa ensuite en terre d’Islam. Il faut distinguer l’arbalète à main, l’arbalète à pied ou à tour, et l’arbalète légère réservée aux cavaliers. Une version collective, composée d’une ou de plusieurs grandes arbalètes superposées, aurait projeté de lourds carreaux en métal aux XIIe et XIIIe siècles.

Boulets de catapulte

                                                                                 Boulets de Catapulte (Jordanie)
                                          
Arme collective par excellence, la machine de tir à système de balancier, originaire de Chine, fit son apparition en Arabie dès l’époque omeyyade. Les modèles les plus évolués utilisés par les armées musulmanes aux XIIe et XIIIe siècles furent les grands trébuchets, avec un balancier à contrepoids mobile : ils pouvaient lancer un boulet d’une centaine de kilogrammes jusqu’à une distance de 200 mètres, avec une cadence faible de deux tirs par heure.Complément indispensable de ces armes variées, le feu grégeois est un mélange liquide ou pâteux d’origine byzantine, constitué de poix, de soufre, de suif, de salpêtre et de naphte dans des proportions variables, et qui a le double avantage d’être très inflammable, même au contact de l’eau, et inextinguible. Il fut fréquemment employé dès le début de l’Islam, à la surface de l’eau ou du sol pour la défense des ports, des côtes ou des routes, dans des tubes de métal fixes ou portatifs, ou dans des récipients en terre cuite projetés lors des batailles ou des sièges.

Évolutions ultimes des armes médiévales, les premières armes à feu portatives, ancêtres des arquebuses ne semblent avoir été utilisées en Orient qu’à partir du milieu du XIVe siècle, à la même époque que les canons, même si la poudre à canon, originaire de Chine, était connue des musulmans avant le milieu du XIIIe siècle.

En ce qui concerne l’armement défensif corporel, la cotte de mailles était la plus fréquemment portée, parfois sous une armure de plates en métal, en corne ou en cuir assemblées par des courroies et fixées à une doublure en tissu. Au XIVe siècle, cotte de mailles et armure de plates fusionnèrent en une cuirasse à laquelle pouvaient être ajoutées des protections en métal pour les jambes et les bras. Pour la défense de la tête, le casque, dont les modèles conservés en terre d’Islam ne remontent pas avant le IXe siècle, se présentait sous la forme d’une feuille de fer hémisphérique ou de plusieurs feuilles de cuir superposées, parfois renforcées intérieurement de plaques de bois ou de métal. Nasal, couvre-nuque et protège-oreilles en améliorèrent les qualités défensives à partir du XIIe siècle. Il évolua vers le casque-turban sous les Mamluks, objet de prestige orné de décorations et d’inscriptions.

Améliorant l’efficacité de l’armure, le bouclier était généralement circulaire, façonné en bois ou en cuir bouilli puis recouvert de cuir, parfois conçu en métal. De section convexe, il pouvait être renforcé d’un umbo en métal et était surtout utilisé par les cavaliers. Une variante allongée et à l’extrémité inférieure en pointe, d’origine byzantine et latine, était employée par les piétons. Avec l’essor de l’artillerie à feu au XVe siècle, le bouclier devint un objet de prestige, façonné par exemple en acier damassé avec des incrustations d’or fin, ou en peau de girafe, de rhinocéros comme en Haute-Égypte.


                                                                           
                                                                             Siège de Vienne (1529)
                                                                              Siège de Vienne par les Ottomans (1529) 

Cadres d’expérimentations à grande échelle de ces armements offensifs et défensifs des armées musulmanes en Méditerranée, les batailles et les sièges sont abondamment décrits et illustrés dans les manuscrits arabes et latins.

La tactique des armées médiévales lors des batailles nous est ainsi connue par les traités arabes d’art militaire rédigés aux XIIe et XIIIe siècles, comme celle de l’armée de Saladin avec l’installation des troupes dos au soleil, sous les étendards et au son des timbales et des trompettes ; la disposition en deux ailes centrales des piétons, archers, arbalétriers, lanceurs de javelots et piquiers, précédant la cavalerie ; le déploiement latéral des deux ailes, débordées par la cavalerie, afin d’encercler l’ennemi. L’archerie montée jouait un rôle essentiel avec la technique de l’alternance rapide entre assaut et repli : elle fut développée dès le début du VIIIe siècle avec la généralisation de l’arc, la récupération de l’étrier observé en Transoxiane et la présence de tribus turques nomades dans les armées omeyyades et abbassides.

Les techniques de siège constituèrent le joyau de l’art militaire des musulmans, inspirées de la poliorcétique byzantine. Les sièges des villes ou des châteaux, en particulier pour les armées des XIIe et XIIIe siècles étaient divisés en plusieurs étapes : l’installation des assaillants dans une zone dominant le site ; le blocus et la coupure de l’approvisionnement en denrées et en eau ; le bombardement intensif par les machines de tir ; le creusement de galeries sous les fondations des fortifications par des mineurs-sapeurs. Une fois les murailles effondrées sous l’effet des sapes, l’assaut débutait avec les piétons couverts par les archers et équipés d’échelles, de grappins, de béliers, de tours mobiles, jusqu’à la reddition des assiégés ou la retraite des assaillants. Source: Qantara



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Published by Mehdi
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