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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 23:28

Dynastie de califes shi'ites descendant de Fatima, fille du prophète Mahomet, règnent en Afrique du Nord (de 910 à 969), puis en Égypte (de 969 à 1171).
C'est une curieuse histoire que celle de ces monarques qui, portés au pouvoir par la propagande révolutionnaire des Karmates isma'iliens, consolident leur puissance par la plus intransigeante des dictatures, califienne ou vizirielle. Partis de la Tunisie, ils font reconnaître leur autorité dans le Maghreb entier et la Sicile, s'installent définitivement sur le territoire égyptien, conquièrent la Syrie, reçoivent l'hommage de La Mecque et de Médine, et vont jusqu'à Bagdad. Cent cinquante ans après, le dernier Fatimide était à peine obéi dans son propre palais. Durant ce temps, la Syrie devient un champ clos où les divers partis se livrent des luttes acharnées, surveillés par les Byzantins, qui parviennent un instant jusqu'à Baalbek et Tripoli, plus tard par les croisés, et enfin par les Saldjukides qui gouvernent Damas.
Sur le plan artistique, le règne des Fatimides fut une période brillante. L'originalité de leurs œuvres tient essentiellement à l'emploi de représentations figurées.


Mosquée Al Azhar

Le centre de la propagande des Fatimides se trouva d'abord en Syrie du Nord, à Salamiyya, d'où des missionnaires éloquents et persuasifs parcoururent presque toutes les régions de l'Islam. L'un d'eux, particulièrement actif, Abu 'Abd Allah al-Shi'i, prêcha en Afrique du Nord, en s'appuyant sur une tribu berbère, les Kutama. Mais cette contrée était loin d'être pacifiée, et l'on trouvait toujours un groupe tribal prêt à organiser l'opposition contre le pouvoir établi. Ce fut le rôle des Zenata, soulevés par un agitateur surnommé l'« homme à l'âne ». La révolte s'étendit de telle façon que le calife fatimide fut réduit à la possession du port de Mahdiyya.
Il fallait donc émigrer pour réaliser une ambition de domination universelle. À la suite de quelques tentatives d'invasion infructueuses, les Fatimides s'emparèrent de l'Égypte en 969. En fait, leur autorité directe ne s'exerça guère au-delà du territoire égyptien ; les régions comprises entre Le Caire et Bagdad furent partagées en deux zones d'influence, dont les frontières variaient sans cesse. Bagdad était alors soumise aux pressions les plus diverses, et les Fatimides ne possédèrent jamais une armée assez puissante pour faire prévaloir leur politique. L'histoire de la Syrie est d'une extrême complexité : dans les villes, les troupes maghrébines des Fatimides se heurtent à la résistance des populations, et dans les campagnes, doivent se déplacer constamment de Damas à Alep, de Tyr à la Palestine. L'épidémie de rébellions est générale, mais anarchique et dépourvue de coordination. À la fin du XIe siècle, c'est l'irruption des croisés, à l'égard desquels les maîtres shi'ites de l'Égypte eurent une attitude ambiguë.
L'occupation de l'Égypte marquait une rupture absolue avec les anciennes traditions, et les nouveaux gouvernants pouvaient redouter les réactions d'une population dont l'attachement au sunnisme était bafoué, les liens avec le pontife de Bagdad brusquement rompus. Aussi les Fatimides édifièrent-ils, pour leur cour et leurs services administratifs et militaires, une nouvelle ville, Le Caire (969), située au nord et à une certaine distance des faubourgs de celle de leurs prédécesseurs, préfets envoyés de Mésopotamie. Cette cité fut entourée, cent ans plus tard, d'une solide muraille en pierre, dans laquelle s'ouvraient des portes monumentales : trois d'entre elles s'offrent encore à notre admiration. Les monuments fatimides les plus importants ont également subsisté, telles les mosquées al-Azhar et al-Akmar, celle de Salih Tala'i'. La mosquée du calife al-Hakim est aujourd'hui bien délabrée.
L'étude des objets d'art de cette période laisse supposer qu'ils sont pour la plupart l'œuvre des Coptes, les tissus certainement, les bois sculptés très probablement, et cette constatation est conforme aux données historiques. Tous les écrivains arabes, chrétiens comme musulmans, s'accordent à mettre en relief la faveur dont les chrétiens bénéficièrent sous le régime des Fatimides ; une grande ère de prospérité s'ouvrit alors pour les églises et les couvents coptes.




Une éclipse de cette tolérance envers la communauté chrétienne coïncide avec le règne du calife al-Hakim (996-1021) ; fanatique, celui-ci fit démolir l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Il se déclara dieu, et les auteurs musulmans rapportent que « tous les rêves que lui suggérait sa folie n'étaient susceptibles d'aucune interprétation raisonnable ». Les Druzes reconnaissent encore aujourd'hui sa divinité.
Ainsi, le calife al-Hakim avait gravement compromis d'heureuses perspectives. Une crise économique sans précédent s'abattit sur le pays pendant le règne d'al-Mustansir (1036-1094), le plus long de l'histoire du monde musulman. En outre, des luttes sanglantes entre les corps de la milice ébranlèrent le régime. La défense du pays avait été assurée par des mercenaires, successivement des Berbères, des Noirs, des Turcs, des Arméniens. À la cour, des rivalités mettaient aux prises les califes et leurs Premiers ministres, le pouvoir étant exercé tantôt par les uns, tantôt par les autres. Un tout-puissant vizir, Badr al-Djamali, inaugurant la période arménienne des Fatimides, remit de l'ordre dans l'empire ; on lui doit, outre les remparts de la capitale, une refonte des divisions administratives du pays. Pourtant le régime, miné par les complots des militaires et les jalousies des ministres, ne parvint pas à se redresser.
Les auteurs arabes ne se lassent pas de décrire le trésor des califes fatimides : pierreries d'une valeur inestimable, bijoux d'or et d'argent, innombrables récipients en cristal de roche, boîtes en bois précieux, armes, pièces de céramique, tissus somptueux en lin et en soie, beaucoup d'entre eux brochés d'or, tapis, enfin la plus belle bibliothèque qui existât à cette époque dans le monde musulman.
Les rares objets en cristal de roche parvenus jusqu'à nous, les étoffes, quelques animaux en bronze nous permettent d'imaginer l'opulence de ces fastueux souverains. On admire à juste titre les frises de bois provenant du palais royal du Caire, sur lesquelles sont sculptées des figures d'animaux, de personnages, isolés ou groupés en des scènes de musique, de danse, de beuverie ou de chasse. Les Fatimides ont été les inspirateurs d'un art qui, tout en suivant les vieilles traditions, créa des formes originales de décoration.
Le dernier acte politique se déroula dans le calme. Le prince zenguide d'Alep, Nur al-Din, fut amené à intervenir en Égypte et à y envoyer un contingent. Un jeune officier, Salah al-Din (Saladin), se risqua, un vendredi, à faire prononcer la harangue religieuse au nom du calife de Bagdad. Les écrivains arabes citent à cette occasion un vieux proverbe arabe : « Ce n'est pas pour cela que deux chèvres se battirent à coups de cornes. » Tel est l'acte de naissance de la dynastie ayyubide. source: Histoire


Dinars Fatimide

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 00:56

 L'installation des Sarrasins sur la côte des Maures pendant près d'un siècle, les ravages qu'ils firent subir à la Provence et qu'ils exercèrent avec audace de part et d'autre des cols des Alpes jusqu'au Valais tiennent une grande place dans l'histoire et surtout dans la légende. Sur ces évènements les textes dignes de foi sont très rares et le mystère qui recouvre cette période a suscité des affabulations qui ont frappé et frappent encore l'imagination populaire. Les chroniques arabes et byzantines ne font aucune allusion à cette installation des Sarrasins en Provence et les annales franques la mentionnent très sommairement, ce qui ramène l'importance de ces incursions à leur juste valeur de troubles régionaux.

Le meilleur témoin de ces événements est l'évêque de Crémone Liutprand, mort en 972, qui vécut à la cour d'Hugues d'Arles et pouvait avoir une bonne information sur ce qui se passait en Provence. D'après les textes, les bandes sarrasines étaient installées à poste fixe au Fraxinetum. La commune actuelle de La Garde-Freinet conserve encore aujourd'hui ce toponyme qui désignait probablement au Xe siècle, l'ensemble de la région qui s'étend entre le massif des Maures et la mer, d'Hyères à Fréjus. Si la tradition fixe le centre principal et fortifié des Sarrasins au fond du golfe de Saint-Tropez (peut-être à Grimaud qui était au Moyen Age le centre le plus important de la région), ils ont pu aussi établir plusieurs points fortifiés le long de la côte afin de protéger leurs liaisons maritimes avec les pays musulmans d'outre-mer. Quelques historiens, d'après certaines descriptions d'ailleurs imprécises, situent dans la presqu'île de Giens, et à l'Almanarre près d'Hyères, l'établissement principal des Maures, d'autres leur attribuent des tours apparemment romanes, sises le long de la côte, et notamment celles de Sanary et du Revest dans la région toulonnaise.

Les Musulmans, nous l'avons vu, s'étaient déjà livrés à d'importantes dévastations en Provence au début du XVIIe siècle et au milieu du IXe, mais ce n'est qu'à la fin de ce dernier siècle qu'ils semblent avoir réussi à établir une tête de pont sur la côte des Maures.


Le concile de Valence, chargé de couronner Louis roi de Provence en 890, se préoccupe déjà des ravages commis par les Sarrasins, responsables de l'abandon des terres et de la fuite des populations ; ce qui laisserait supposer un établissement légèrement antérieur et contemporain des troubles qui ont agité le royaume de Provence après l'élection de Boson à Mantaille. Il peut y avoir une certaine concordance entre l'intensité des ravages des bandes et l'accentuation des luttes politiques dans le royaume.

Les principales dévastations en Provence se situent entre 900 et 910, époque où Louis l'Aveugle entreprend ses expéditions au-delà des Alpes et entre 925 et 940, au moment où Hugues d'Arles quitte la Provence pour l'Italie. Il est difficile de connaître avec précision les destructions opérées par des bandes qui comme les grandes compagnies du XIVe siècle devaient surtout dévaster le plat pays, pillant les villas et les monastères isolés sans oser s'attaquer aux villes fortifiées. On est cependant assuré de la prise et de la destruction de la cité épiscopale de Fréjus, mais à une date incertaine. Les documents ne parlent pas des autres cités de la Provence orientale ou alpestre : les listes d'évêques y sont interrompues, mais il est impossible de savoir si ces villes ont été abandonnées au pouvoir des Sarrasins ou si l'absence de documents sur ces régions s'explique simplement par un état d'anarchie et d'insécurité. On doit se résoudre à ne rien savoir durant ces périodes troubles du VIIe au Xe siècle sur les régions provençales qui s'étendent à l'est d'Aix et de Marseille et, de la Durance aux Alpes. Seules des fouilles archéologiques pourraient peut-être nous éclairer à ce sujet. Dans le reste de la Provence quelques textes mentionnent seulement ça et là durant la période d'implantation des Musulmans sur la côte des Maures le passage des bandes sarrasines : à Apt et dans sa région vers 896, à Marseille et à Aix vers 923-925. Au début du Xe siècle on les voit apparaître également sur la Riviera ligure à Albenga et San Remo, et aussi dans les vallées alpines du Piémont où ils pillent les monastères de San Dalmazzo près de Coni et de Novalaise près de Suse.

Il paraît incroyable que les comtes du royaume de Provence aient supporté aussi longtemps sans réagir des dévastations qui paralysaient la vie économique du pays. En fait, en l'absence d'une armée régulière que ne pouvait leur offrir un gouvernement central en pleine décomposition, ils n'avaient à leur disposition que des levées tumultueuses de petits propriétaires. Qui plus est, les bandes sarrasines pratiquaient essentiellement la guérilla et les coups de main ; les rares textes qui les concernent soulignent combien ils sont habiles à utiliser la protection des forêts et des montagnes et à fondre à l'improviste dans les vallées. A en croire nos chroniqueurs, ils surgissaient des cols des Alpes beaucoup plus que des rivages de la Méditerranée et, au fur et à mesure que l'on avance dans le Xe siècle, on voit croître leur audace, et leur champ d'activités s'étend tout au long des crêtes des Alpes jusqu'en Dauphiné, en Savoie et même dans le Valais et les Grisons.

 

Hugues d'Arles, après avoir assis avec quelque solidité sa souveraineté sur l'Italie, essaye de débarrasser la Provence et les Alpes de ces hôtes encombrants. Très judicieusement, il s'assure le concours de l'empereur de Byzance, car les Francs n'ont pas de flotte et en Méditerranée occidentale, seuls les navires grecs basés en Sardaigne affrontent encore avec quelque succès les escadres arabes. De fait en 942 les Byzantins bloquent le Fraxinetum par mer tandis qu'Hugues à la tête de contingents provençaux et piémontais presse les pirates dans leurs retranchements. Malheureusement cette campagne si bien commencée est interrompue par Hugues lui-même qui, apprenant que son rival Bérenger d'Ivrée menace de lui ravir son trône italien, traite avec les Sarrasins et les autorise même à occuper certains cols des Alpes en vue de l'aider à lutter contre son rival. A partir de cette date les bandes musulmanes semblent avoir commis moins de déprédations en Provence rhodanienne et porté leurs dévastations plus au nord dans les Alpes dauphinoises et savoyardes ; retranchées dans quelques repaires, elles rançonnent les pèlerins et lèvent tribut sur les populations.

L'empereur Otton Ier avait engagé en 953 des négociations infructueuses avec le calife de Cordoue pour obtenir le rappel des bandes musulmanes des Alpes. Après avoir réorganisé le pouvoir impérial en Italie, il se préoccupe à nouveau en 968 d'une action à entreprendre contre les Sarrasins. Ce projet ne peut aboutir mais l'idée était dans l'air et sa réalisation fut provoquée quatre ans plus tard, à la suite de la fâcheuse capture par une bande sarrasine, au col du grand Saint-Bernard, de Mayeul, abbé de Cluny et de plusieurs pèlerins et voyageurs. Mayeul, issu d'une illustre famille provençale, était particulièrement lié avec Guillaume comte d'Arles. Sa fonction à la tête de la congrégation clunisienne en faisait un personnage de premier plan et sa capture eut un immense retentissement. Les moines payèrent rapidement l'énorme rançon de 1 000 livres d'argent qui avait été réclamée et des pourparlers s'engagèrent pour organiser une vaste coalition dans le but de déloger les Sarrasins des Alpes et de Provence.

On n'est pas beaucoup mieux renseigné sur l'expulsion des bandes que sur leur installation. La date même de la capture de Mayeul a été contestée : d'après les meilleures estimations il semble bien qu'il ait été fait prisonnier dans la nuit du 21 au 22 juillet 972 et que ce soit durant les deux années qui suivirent que se déroulèrent les diverses opérations qui amenèrent le départ des Sarrasins. Il y eut sans doute plusieurs attaques menées contre leurs repaires alpins, mais l'action principale fut dirigée contre le retranchement du Fraxinetum par le comte Guillaume et ses feudataires provençaux avec l'aide de renforts piémontais.

Avec le départ des Sarrasins s'achève une page particulièrement troublée de l'histoire de la Provence. Désormais les Musulmans ne tentent plus que quelques coups de main isolés sur les côtes et la sécurité est rendue aux campagnes provençales.

De Toulon à Nice la région côtière est soumise à l'autorité du Comte Guillaume qui distribue aux grands de son entourage et aux églises et monastères les terres abandonnées. Un rapide essor démographique et économique va rendre à la Provence sa prospérité d'antan. L'honneur de cette victoire rejaillit sur Guillaume dit le Libérateur qui prend le titre de marquis et s'affirme comme le chef incontesté de la partie méridionale du royaume de Bourgogne. Aux multiples circonscriptions carolingiennes succède un comté unique de Provence où les successeurs de Guillaume exercent en commun les droits désormais héréditaires des anciens comtes : les propriétés et revenus du domaine royal et des menses comtales sont considérés comme des biens de famille : le roi de Bourgogne n'est plus qu'un souverain lointain et sans réelle autorité. source: http://pagesperso-orange.fr/forum-julii/x-SARRASINS.htm



  Une des rares traces des Sarrasins (arabes et berbères) durant la période médiévale en France, il s'agit  d'un puit situé dans le département du Rhône.

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 01:29




1- Naissance et jeunesse 

Abdelhamid Ibn Badis ou Ben Badis naquit à Constantine le 05 décembre 1889 au sein d'une famille patricienne dont les origines remontent aux Banou Ziri auxquels se rattache Boulkine ben Menad, fondateur d'Alger. L'enseignement primaire lui fut dispensé par un précepteur, Cheikh Hamdane Lounissi, et il apprit très jeune le Coran.
En 1908, Ibn Badis se rendit à Tunis pour continuer ses études à la mosquée Zitouna où il fut l'élève de Tahar Ben Achour et obtint, 4 années plus tard, al ijaza, qui est le diplôme de licence délivré par la Zitouna. 
De Tunis, il se rendit au Hedjaz pour accomplir le pèlerinage et s'établit à Médine où il retrouva son premier maître Hamdane Lounissi. Il poursuivit l'acquisition du savoir jusqu'à l'obtention du grade de 'aalem (savant).
Sur le chemin du retour vers l'Algérie, il fit un détour par le Caire où il reçut l'enseignement de Cheikh Rachid Redha. 

2- Son action réformiste 

Lorsqu'il s'installa à Constantine, Cheikh Abdelhamid ibn Badis commença sa mission réformatrice après que sa conscience islamique eût mûri et qu'il fut influencé par les idées de la Ligue islamique. Il réalisa que la voie de la réforme passait par l'instruction parce qu'un peuple ignorant ne pouvait comprendre le sens de la libération et de la lutte contre le colonialisme. C'est pour cette raison que Ibn Badis commença à ouvrir des écoles et prit en charge lui-même l'enseignement. Il concentra son action sur l'enseignement aux adultes en ouvrant des centres d'alphabétisation. Il s'intéressa également à l'instruction des jeunes femmes dans la mesure où il ouvrit la première école de filles à Constantine en 1918, considérant que l'instruction de la femme était l'une des conditions essentielles pour la renaissance de la société sans que cela ne signifie pour autant la négation des traditions et valeurs islamiques.
Ibn Badis étendit son action par l'ouverture d'écoles dans différentes régions du pays, encadrées par des chouyoukhs tels que Cheikh El Bachir al Ibrahimi, Moubarak El Mili et d'autres…Il contribua également à l'ouverture de clubs culturels tels que le club at-taraqi à Alger et aida à la création d'associations théâtrales et sportives.

 

3- Sa démarche dans le réformisme

Pour son appel à la réforme de la situation de la société, Ibn Badis adopta la méthode de la persuasion et combattit les confréries et le soufisme qui avaient engendré des us et coutumes contraires aux vrais préceptes de l'Islam. Il rejeta également les querelles marginales entre les chouyoukhs des différentes zaouias, appelant à une compréhension juste de l'Islam, loin de toute mystification ou charlatanisme, refusant le mimétisme aveugle ainsi que tout lien avec l'administration coloniale, résumant son projet réformiste comme suit: "L'islam est notre religion, l'arabe notre langue et l'Algérie notre patrie".
Il s'opposa aux assimilationnistes et les combattit à travers ses idées, ses écrits et ses conférences. Il exprima ses idées dans les journaux "ech-chihab (le météore), al mountaqid (le censeur) et al baçaïr (la clairvoyance). 
Ibn Badis s'intéressa également à la diffusion de la culture islamique à travers la construction d'écoles et de mosquées, l'élargissement de l'activité de propagande, culturelle et médiatique.
C'est ainsi qu'il oeuvra avec ses compagnons Cheikh El Bachir al Ibrahimi, Larbi Tébessi et Tayeb El Oqbi à la création de l'Association des Ulémas Musulmans Algériens le 05 mai 1931 dont il fut élu président jusqu'à sa mort le 16 avril 1940, à l'âge de cinquante et un ans. 
Il fit partie de la délégation du Congrès Musulman qui se rendit en 1936 à Paris pour présenter les revendications du congrès au gouvernement français. 
A son retour, il prononça un discours remarquable lors du rassemblement organisé par le Congrès le 02 Août 1936 pour présenter les résultats de sa démarche. Ses talents d'orateur firent du discours d'Ibn Badis l'expression des revendications du peuple algérien.
source: vitaminedz

 

 

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 17:54

 
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, 7 pays arabes créent au Caire, le 22 Mars 1945, une organisation commune : la Ligue des Etats Arabes (جامعة الدول العربية) couramment appelée Ligue Arabe qui reprend dans ses grandes lignes le Protocole d'Alexandrie de 1944. Ce sont l'Egypte, l'Arabie Saoudite, le Liban, la Syrie, l'Irak, le Yémen du Nord et la Jordanie ( Transjordanie ). L'association veut affirmer l'union de la Nation arabe et l'indépendance de chacun de ses membres, notamment contre l'ingérence des puissances coloniales de l'époque, France et Angleterre. Au fur et à mesure de leur accession à l'indépendance, les autres Etats du monde arabe vont adhérer à cette organisation qui compte aujourd'hui 22 pays , 200 millions d'habitants et a un statut d'observateur auprès de l'ONU. Il y a donc deux sortes de membres, les 7 premiers qui ont adhéré à la charte initiale et les nouveaux qui doivent satisfaire à certaines conditions, de langue, foi et culture notamment.

Institut du Monde Arabe
Institut du Monde Arabe (Paris) source de l'image: link

La Ligue accueillera, en 1964, l'OLP ( Organisation de libération de la Palestine qui deviendra membre en 1976 ) et elle s'opposera ouvertement à la création de l'Etat d'Israël. Après la signature des accords de Camp David par l'Egypte, les ministres de la ligue arabe se réunissent à Bagdad, en 1979, pour décider des sanctions à infliger à l'Egypte qui avait osé signer un accord avec Israël. C'est ainsi que la ligue perd sa nation la plus puissante et que le siège passe du Caire à Tunis. Il reviendra au Caire en 1990. Depuis 1946, on compte 29 sommets de la Ligue et 6 secrétaires généraux. L'usage de la force est interdit pour régler un différend entre les membres.


Parmi les causes les plus importantes qui ont retenu son attention, figurent, bien sûr, la cause palestinienne et le conflit arabo-israélien au sujet desquels les Etats arabes ont pris nombre d'initiatives dont l'initiative de paix arabe décidée par le sommet de Beyrouth en 2002 mais aussi le dialogue des civilisations, la création d'une grande zone de libre échange et le projet de création, au Moyen-Orient, d'une zone d'où seraient bannies les armes de destruction massive.

 

 


Cependant des divergences ont opposé les membres à de nombreuses reprises, comme lors du conflit Iran-Irak ( conduisant à l'ajournement du sommet de Riyad de Novembre 1983 ), ou en 1990-91 lorsque l'Irak a envahi le Koweït, la Ligue arabe, impuissante, s'en remettant à la communauté internationale pour régler la crise. On ne peut pas en vouloir à chaque pays de nourrir ses propres arrières pensées.

Même si la Ligue n'a pas complètement atteint son objectif d'unité de la Nation arabe, il est important qu'elle reste un interlocuteur unique, en particulier pour la Communauté Européenne. Parler d'une seule voix, c'est justement ce qui manque à l'Europe. source: lebuzuk-historik

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 19:35

                                                          La Régence d'Alger en 1680


Le 27 septembre 1538, à la Preveza, Andrea Doria à la tête de la flotte chrétienne a rompu le combat devant Kheyr ed-Din Barberousse dont les forces étaient pourtant deux fois moindre que les siennes. Dès lors la Méditerranée se trouve placée sous la coupe des ottomans de Soliman et des barbaresques de Barberousse. En 1539 et 1540 Charles Quint négocie séparément avec Barberousse, dans l’espoir de neutraliser la menace qu’Alger et ses raïs font peser sur le commerce maritime de Méditerranée occidentale, il offre de lui donner Bône, Tunis, La Goulette. Mais les français informent le Sultan des négociations en cours et celles-ci sont interrompues.

Dès lors, fort de son succès acquis à Tunis en 1535, Charles Quint décide d’attaquer Alger et d’en finir avec la base opérationnelle de Barberousse. Il faut pour cela rassembler troupes et navires. Comme à l’accoutumée les tractations entre les partenaires et les problèmes logistiques retardent la constitution du corps expéditionnaire. Septembre passé, Andrea Doria essaye de dissuader l’Empereur d’entreprendre l’opération à une date aussi tardive. En effet la règle veut qu’aucune opération navale d’envergure ne doit être entreprise entre septembre et mars. Au cours d’une entrevue à Lucques le 16 septembre avec l’empereur, le Pape le met en garde : « Vous commettriez une erreur en entreprenant une expédition en Afrique au mois d’octobre….attendez le printemps ». Mais avec obstination Charles Quint poursuit son projet. Hormis la France, toute la Méditerranée occidentale sera de la partie. La préparation des forces en Espagne est confiée à Hernan Cortes, le conquérant du Mexique. Fernand de Gonzague, vice-roi de Sicile et Pedro de Tolède, vice-roi de Naples se voient confier les mêmes tâches en Italie. Deux cents navires embarquent à Porto Venere les 6000 allemands placés sous les ordres de Georges Frontispero et les 5000 italiens du Prince Colonna. Cent cinquante navires embarquent les espagnols à Naples et en Sicile ; deux cents autres apportent d’Espagne, artillerie, munitions et un millier d’hommes : fantassins et cavaliers. Les galères de Gênes, de Sicile, de Naples, de Monaco se joignent à la flotte ainsi que quatre de l’ordre de Malte sous les ordres de Georg Shilling, Grand Prieur d’Allemagne, portant leur nombre à 65 au total.

L’armée forte de 22 000 hommes est commandée par le Duc d’Albes, la flotte comportant 450 navires et 65 galères manœuvrés par 11000 marins sous les ordres de Andrea Doria, Charles assume le commandement suprême.

Regroupée à Majorque, puis retardée par le mauvais temps, ce n’est que le 20 octobre que « l’Armada » se présente devant Alger. En l’absence de Barberouse qui s’est rendu à Constantinople, la ville est sous le commandement de Hasan Agha son lieutenant. Au lever du jour, du haut de la Casbah, ce dernier découvre la baie couverte de navires. Bien que surpris par l’importance de la flotte ennemie, il reste confiant et croît en la victoire, en attendant l’arrivée de ses ennemis n’a-t-il pas eu le temps de faire renforcer les fortifications de la ville. Le temps est calme, les navires approchent de la côte et mouillent à l’est d’Alger entre les embouchures des oueds El Khemiry et El Harrach. Le 23 octobre, les premières troupes légères embarquées sur les galères de Gènes et de Malte sont mises à terre sous la protection de l’artillerie des nefs. Dès que la plage est tenue, c’est au tour de l’infanterie lourde d’y prendre pied : infanterie espagnole, lansquenets allemands, régiments italiens débarquent suivis des premiers éléments de cavalerie et de six pièces d’artillerie de campagne.

                                                       Kheir ed-Din dit "Barberousse"

 

Dès le lendemain le corps expéditionnaire se met en marche vers l’ouest. Le plan initial des impériaux est d’envelopper la ville par le sud, d’appuyer cet encerclement terrestre par un bombardement naval contre le port et les fortifications puis de donner l’assaut aux trois portes: Bab Azoun, Porte Neuve, Bab el-Oued. On s’assure du promontoire de Koudyat-es-Saboun qui domine Alger d’où Charles Quint observera et dirigera la manœuvre, cette hauteur est connue depuis lors sous le nom de « Fort l’Empereur ». En fin d’après midi les troupes campent sous les remparts, mais le temps se met à l’orage et à la pluie ; cette dernière tombera sans discontinuer pendant toute la nuit, si bien que le 25 octobre au lever du jour les troupes sont trempées, transies et fatiguées par le harcèlement auquel elles ont été soumises de la part des arabes. La garnison d’Alger se trouve sous les ordres du Cheykh Sidi Said Cherif. El-Hadj Mami qui a reçu pour mission de défendre la porte de Bab Azoun profite du piteux état des troupes impériales pour faire une furieuse sortie. La pluie a neutralisé les arquebuses car les mèches et la poudre étant mouillées, elles sont désormais inutiles faces aux arbalètes de l’adversaire. Le choc est terrible mais les chevaliers de Malte en première ligne, épaulés par les italiens, résistent si bien que les algériens finissent par se replier dans la ville. Poursuivis, ils ferment la porte de Bab Azoun et accablent les assaillant sous une pluie de projectiles d’artillerie, d’arquebuses et d’arbalètes. Les chevaliers de Malte conduisent l’assaut, parmi eux Nicolas Durand, chevalier de Villegagnon futur héros de la France australe paye de sa personne, mais l’artillerie de siège n’a pas été débarquée, et l’artillerie de campagne n’a aucun effet sur les fortifications. On dit que Ponce de Balaguer dit Savignac, porte étendard du Bailli Georges Schilling, plante alors sa dague dans la porte en criant « nous reviendrons… », avant qu’une nouvelle sortie des assiégés ne bouscule les troupes italiennes du prince Colonna, trois compagnies sont mises à mal. Les chevaliers tentent de protéger la retraite : Villegagnon est blessé par deux fois, Ponce de Balaguer tué, et seule l’intervention des lansquenets avec l’Empereur à leur tête évite la déroute. Mais la journée est perdue, les pertes italiennes sensibles et il faut se replier.

La pluie n’a toujours pas cessé, elle tombera pendant près de 60 heures et un terrible vent de nord-est souffle maintenant en tempête. Pendant que les troupes combattent à terre, la situation en mer est devenue dramatique. Mouillés devant une côte ouverte, les navires sont sans protection contre les vents furieux et la mer qui rapidement se creuse et devient énorme. Les galères les plus proches de terre ne tiennent pas sur leurs grappins et 15 d’entre elles sont jetées à la côte, les naufragés sont aussitôt attaqués sur la plage par les troupes maures. Plus au large les vaisseaux et les navires de transport chassent eux aussi sur leurs ancres, nombre d’entre eux sont également drossés sur la plage, d’autres encore abordent ceux dont les ancres ont mieux tenu et coulent au milieu de la tourmente. L’estimation la plus basse des pertes s’élèvent à 86 bâtiments dont 40 à 50 grands vaisseaux.

Andrea Doria pour sauver l’essentiel de l’Armada donne l’ordre d’appareillage, le 26 octobre ce qui reste de la flotte va mouiller sous l’abri précaire du Cap Matifou, les galères encore valides remorquant les nefs.

 


Pour les soldats à terre, privés de ravitaillement et de secours, trempés, affamés, épuisés par le manque de sommeil, souvent blessés, le moral est au plus bas ; l’heure de la retraite a sonné et Charles Quint en donne le signal le 27 octobre. Mais pour se réembarquer sur les vaisseaux et les transports maintenant mouillés sous le cap Matifou il faut longer la côte en butte au harcèlement permanent des troupes adverses et franchir les oueds transformés par les pluies en torrents impétueux. Hassan Agha choisi de rester avec la garnison turque à l’abri des murs d’Alger, il laisse aux troupes supplétives la charge d’attaquer l’armée impériale en retraite. Celle-ci abandonne une grande partie de ses bagages et de son artillerie de campagne sur place. La retraite sera longue et difficile, elle durera trois jours. Deux obstacles majeurs se trouvent sur leur chemin, le premier est l’oued El Harrach dont le cours gonflé par les pluies est devenu infranchissable à gué. Pendant que les débris des navires jetés à la côte sont récupérés pour construire un pont, il faut résister aux attaques incessantes. Les chevaliers de Malte sont en première ligne, soixante quinze d’entre eux y laisserons la vie. Le lieu de la bataille, près du pont des Fours, est une gorge étroite qui fut nommée le "Tombeau des Chevaliers". La pluie ayant cessé les troupes finissent par franchir l’obstacle, mais avant d’atteindre Matifou il faut aussi franchir l’oued El Hamiz qui est sorti de son lit et dont les berges sont marécageuses. Les cavaliers et les fantassins s’y embourbent, mais la flotte mouillée à peu de distance vient apporter son aide. Toutefois entre Tafoura et Matifou, deux mille cadavres jonchent le sol.
Charles-Quint décide de rembarquer. Mais la flotte a perdu de nombreux navires de transport. On laissera à terre tous les chevaux, mais cela ne suffit pas il faut aussi laisser sur les plages plus de huit mille hommes qui seront pris et finiront comme esclaves. Pour finir Charles Quint ne ramena en Espagne que la moitié de ses troupes.

A Alger dans l’allégresse générale, la victoire est reçue comme un don de Dieu, et l’horrible tempête qui a eu raison des infidèles comme le résultat des prières des habitants et des dévotions des marabouts. L’imaginaire populaire en restera à jamais marqué.

 


                                                                              

 


Une petite référence de Jacques Heers sur les Barbaresques, un bon livre pour ceux qui veulent en apprendre davantage sur ces "pirates" d'Afrique du Nord ainsi que sur la Régence d'Alger.


    


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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 19:29

 

                                                                            La dynastie aghlabide à son apogée.

La naissance de l’émirat aghlabide en Ifrîqiya (forme arabe de l’ancienne Africa, espace recouvrant la Tunisie actuelle, la moitié orientale de l’Algérie et la Tripolitaine) intervient au terme d’un demi-siècle de troubles politiques et religieux consécutifs à la révolte berbère de 740. Après la chute du califat omeyyade en 750, les Abbassides de Baghdad ne sont pas parvenus à établir d’une manière permanente leur autorité sur la province. La dynastie des gouverneurs Muhallabides, fidèles aux nouveaux califes, a dû affronter les révoltes des contingents arabes (jund).

C’est dans ce contexte agité qu’apparaît Ibrâhîm ibn al-Aghlab, de la tribu arabe de Tamîm, qui était sous-gouverneur du Zâb, et se trouvait à la tête d’un imposant jund basé à Belezma. Grâce à sa loyauté à l’égard de Baghdad, il se voit proposer le gouvernorat de Kairouan, qu’il accepte à la condition d’être reconnu par Hârûn al-Rashîd comme émir à la tête d’un pouvoir héréditaire et non comme wâlî (gouverneur). Il est ainsi investi par le calife en 800, instaurant pour la première fois un pouvoir dynastique autonome au sein du califat abbasside. Ibrâhîm et ses premiers successeurs réussissent à déjouer les révoltes du jund de Tunis et établissent un pouvoir stable calqué au niveau de ses institutions et ses attributs sur le modèle de Baghdad. Ils se dotent de vizirs, de chambellans, ainsi que de nombreux dîwân, offices du gouvernement chargés des différents domaines : chancellerie (kitâba), poste (barîd), armée (jund), fiscalité (kharâj). Ils frappent des monnaies d’or (dînâr), privilège généralement réservé au pouvoir califal. Enfin, comme les Abbassides, les Aghlabides se sont dotées de deux villes princières à proximité de Kairouan : al-`Abbassiyya, construite par Ibrâhîm dès 800-801 et Raqqada, fondée en 876 par Ibrâhîm II (875-902).


Les Aghlabides étaient de grands bâtisseurs ; plusieurs des monuments qu’ils nous ont laissés sont de véritables joyaux de l’art musulman. La grande mosquée de Kairouan en est incontestablement le meilleur exemple. Sur le site de la première mosquée bâtie par ‘Uqba, conquérant de l’Ifrîqiya et fondateur de la ville, l’émir Ziyâdat Allâh Ier décide en 836 la reconstruction de la Grande Mosquée, agrandie ensuite par Abû Ibrâhîm (856-863). La mosquée offre un plan en T, avec, perpendiculairement au mur de la qibla, sept nefs de part et d’autre d’une nef axiale. Au nord de la salle de prière hypostyle, reposant sur une forêt de colonnes en pierre, se situe une large cour centrale, à la limite de laquelle se trouve un minaret de plan carré. La décoration luxuriante du mihrâb représente le soin apporté au monument par les Aghlabides et témoigne des influences qui l’ont inspirée. Outre la peinture qui orne la voûte du mihrâb, celui-ci est décoré de 28 panneaux de marbre sculpté, garnis essentiellement de motifs floraux de tradition byzantine. L’intérieur et la façade du mihrâb, sont tapissés de carreaux de céramique à reflets métalliques monochromes ou polychromes importés d’Irak, où ce type de faïence de luxe est apparu à l’époque abbasside (IXe siècle).



                                                                                  la mosquée de Kairouan

La grande mosquée de Tunis (al-Zaytûna), fut également reconstruite par les Aghlabides en 864-865. Son plan en T est comparable à celui de Kairouan, comme d’ailleurs les éléments architectoniques de la salle de prière, élevée sur des arcs en plein-cintre outrepassé reposant sur des colonnes antiques surélevées par des surabaques et des impostes. Cette structure aérienne est soutenue par des tirants en bois.

Les Aghlabides ont élevé ou favorisé la construction, le long des côtes de l’Ifrîqiya, de plusieurs ribâts. Le ribât de Sousse, qui en est le parfait exemple, présente une enceinte rectangulaire dont les côtés et les angles sont renforcés par des tours circulaires. À l’intérieur du bâtiment, se trouve une cour centrale, bordée d’une salle de prière et de cellules voûtées destinées au logement des volontaires. Une tour-vigie construite sous l’émir Ziyâdat Allâh renforce l’aspect défensif du site. Ce bâtiment, dont la fondation semble antérieure aux Aghlabides, offre une disposition similaire au ribât de Monastir, construit par le gouverneur Abbasside de l’Ifrîqiya, Harthama en 796.


À la fin du IXe siècle, la mission ismaïlite dirigée par Abû ‘Abd Allâh prend racine chez les berbères Kutâma. L’insurrection qui éclate en 902 fait rapidement vaciller l’édifice aghlabide. Le succès des Fatimides est fulgurant et le dernier aghlabide, Ziyâdat Allâh III, s’enfuit vers l’Orient en 909.


La Sicile a été arabe pendant plusieurs siècles, ici on retrouve cette influence dans l'architecture. Le palais de la Zisa.

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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 14:25


La musique andalouse est une oeuvre savante, le résultat d'une considérable concertation  à l'échelle du monde musulman, et qui eut comme berceau l'andalousie. Elle est appelée indifféremment : El-Ala, Gharnati, Sanaâ, Malouf, Andaloussi, Musique classique maghrébine, ... L' appellation qui revient le plus souvent est musique Arabo-Andalouse. Nul n 'est capable aujourd'hui de dire avec précision qu'elle est l 'origine exacte de cette musique, mais les spécialistes s' accordent sur le fait qu 'il s' agit probablement d' un mélange mélodieux des chants de chameliers avec de la musique perse et grecque. Cette musique a pris sa forme quasi définitive au IX ème siècle avec l'expatriation d'un chanteur et musicien de génie appel Ziryab de la cour de Haroun El-Rachid. En fait, il a été jalousé par son maître Ishaq El-Maoussili (767-850)  responsable du conservatoire de la cour de Bagdad. Ce dernier avait comme maître son père Ibrahim et Zelzel un virtuose du Oud. Ishaq a laissé plus de 200 compositions et une quarantaine de livres  à sa disparition.

Ziryab représenté par un artiste du XIXème siècle.


Ziryab (Arabie 777 - Cordoue 852) de son vrai nom Ali Ibn Nafa était un artiste d'exception qui jouait comme son maître au Oud (Zelzel). Son talent était incommensurable, il connaissait par coeur plus de 10000 pièces chantées avec les airs appropriés, il a introduit la 5ème corde du Oud entre la deuxième et la troisième. Le Oud qu 'il fabriqua est un tiers moins lourd que le classique (contrairement  à ce que prétend le musicologue Erlanger (d'après M. Guettat)), il a remplacé le plectre par une plume d 'aigle et bien d 'autres choses sont à  son actif. L' autre nom qui a laissé son empreinte dans cette musique est Abu Bakr Ibn Yahya Al-Sayih (Ibn Badja ou Avempace), il était philosophe, médecin, astronome mais aussi poète et musicien. Il a mis au point l 'accord du Oud Maghrébin, il a perfectionné la nouba et a laissé un grand nombre de compositions.
    La musique a évidemment évolu grâce aux échanges importants entre les centres culturels du Maghreb et
d'Andalousie. Ces centres étaient concentrés autour de Tripoli, Quirouan, Béjaia, Tlemcen, Fès (Capitale culturelle maghrébine par excellence). Le retour des musulmans vers le Maghreb a permis l 'installation de trois écoles principales : Grenade (l 'ouest du Maghreb), Cordoue (le centre du Maghreb) et Séville (l 'est du Maghreb).
La musique andalouse est articulée autour d 'un programme que nous appelons Nouba. A l'époque des Andalous il y en avait 24, une par heure de la journée. La transmission orale de cette musique a fait qu' aujourd'hui beaucoup d' entre elles ont disparu et le nombre de noubas restantes varie en fonction des écoles. La structure rythmique de la nouba, exécutée dans son intégralité correspondrait à un cérémonial de cour (entrée du roi, défilé des dignitaires, ...). La nouba est en fait une succession de mouvements précdés généralement par un prélude musical appelé (Elkoursi ou elkrissi). Certains mouvements son entièrement musicaux telle la Touchia.  Il fut un temps ou l' on excutait un mouvement qu 'on nommait Daïra et qui correspondait  à une série de vocalises syllabiques permettant d 'installer le tabaâ (le mode). La plupart des mouvements sont  composés de chants et de réponses instrumentales. Cette musique utilise généralement les instruments suivants : Derbouka, Tar, Rebab, Oud, Nay (flte), Tabilate et des instruments plus récents, la mandoline, l' alto, le violon voire un violoncelle. Au XXème siècle, la musique arabo-andalouse était présente dans tous les Maghreb, sa plus grande représentante étant la ville d'Oran en Algérie mais on connaissait aussi d'autres grands lieux comme Constantine toujours en Algérie ou Fès et Tanger au Maroc.


                                 Exemple de musique arabo andalouse avec une reprise des textes d'Ibn Arabi.




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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 22:04


Mosquée de Cordoue construite par Abd er Rahman Ier.

    
L'Islam et l'Europe, voilà un sujet qui alimente beaucoup de débats chez les historiens car en effet on oppose souvent l'Islam (en tant que civilisation) à l'Europe alors que l'Espagne (Al Andalus) a été musulmane puis en partie par la suite pendant de nombreux siècles et l'Empire Ottoman puis la Turquie a toujours eu un pied en Europe (en 1683 les Turcs étaient devant Vienne). Ne faut-il donc pas parler d'Islam en Europe? La notion d'Europe peut-elle donc se définir uniquement à des racines chrétiennes? Il est difficile à l'actuel européen de prendre cela en compte alors qu'il s'agit de la vérité. ;)



« La merveilleuse civilisation maure d'Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce »  Friedrich Nietzsche

 
Ibn Sina, savant qui a profondément marqué la médecin en Europe connu sous le nom d'Avicenne.


J'en profite pour mettre en avant un ouvrage abordant cette histoire de la "complexité" sur nommé l'Europe et l'Islam.

Voici l'histoire d'une relation tumultueuse sans laquelle il est impossible de comprendre notre temps.
La conquête arabe, la décomposition de Byzance, les croisades, l'Espagne maure et la Reconquista, les échanges et les conflits du XVIIIe siècle, l'Empire ottoman, la colonisation européenne et la décolonisation : depuis 630, lorsque les armées de Constantinople et de Médine se disputèrent le contrôle de la Syrie-Palestine, les contacts entre l'Europe et le monde musulman n'ont cessé. Leur importance, leur richesse, leur variété, si manifestes pour celui qui connaît l'histoire, ne sont pourtant pas si évidentes pour tous.
Pour les comprendre, il ne s'agit pas d'opposer les deux " civilisations " rivales que seraient, selon Samuel Huntington, Islam et Europe, mais d'explorer les relations multiples entre Génois et Tunisiens, Constantinopolitains et Alexandrins ou encore Catalans et Maghrébins, bref, entre tous les individus et les groupes qui ont forgé ce que nous appelons désormais l'Europe et le monde musulman, dont les racines s'enfoncent profondément dans un héritage religieux, culturel et intellectuel commun.
Trois grands spécialistes font revivre ici cette histoire multiséculaire et proposent une somme historique de référence pour éclairer la complexité des enjeux, des héritages et des événements contemporains.



Vous pouvez écouter un entretien avec deux des auteurs de l'ouvrage: Cliquez ici!




 
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 18:04

L'Iran renaît avec Chah Ismaïl, un prince turc des bords de la mer Caspienne. Ce fondateur d'empire se rend maître du pays en 1501. Il instaure une paix relative. Les caravanes retrouvent le chemin de l'Iran.


La dynastie fondée par Chah Ismaïl est dite safavide (ou séfévide) d'après un religieux mystique dont elle est issue, Safi al-Din.

Chah Ismaïl, surtout, impose le chiisme comme religion d'État, au prix de violentes persécutions contre les sunnites. Il encourage aussi le soufisme, une mystique musulmane aux relents zoroastriens, ce qui vaudra aux souverains de sa dynastie d'être connus en Europe comme les «Grands Soufis». L'Iran marque dès lors sa différence envers les autres États musulmans...


Chah Ismaïl noue des contacts avec... l'empereur Charles Quint, en vue de combattre son voisin, le sultan ottoman Sélim 1er le Cruel (le successeur de ce dernier allait lui-même s'allier contre Charles Quint au roi de France François 1er !).


Son principal descendant est Abbas 1er, qui règne sur l'Iran de 1587 à 1629.Ce souverain se dote d'une armée et d'une administration modernes, avec le concours de conseillers anglais. Il fait d'Ispahan, sa capitale, au coeur du pays, l'une des plus belles villes du monde. Mais il ne peut empêcher les Anglais de prendre pied à Ormuz, à l'entrée du golfe Persique.

Les Safavides vont restaurer les charmes de la culture persane comme en témoignent les beaux monuments d'Ispahan, les tapis, les céramiques et les délicieuses miniatures de cette époque.


La longue domination turco-mongole se reflète dans l'idéal de beauté de cette époque : jeunes femmes aux yeux bridés et aux longs cheveux noirs. On décèle par ailleurs l'influence de la Chine des Ming dans l'irruption sur les peintures et les mosaïques de motifs chinois tels que dragons et phoenix. Au XVIIe siècle enfin, les peintres se mettent à l'école de l'Occident...  source: herodote

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 19:45

Le 8 mai 1945, le jour même de la victoire alliée sur le nazisme, de violentes émeutes éclatent à Sétif, en Algérie.


Origines du drame

Dans les départements français d'Algérie, certains musulmans espèrent que sera mis en application le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Parmi eux Messali Hadj, chef du PPA (Parti Populaire Algérien), interdit depuis 1939.

Messali Hadj ayant été jeté en prison, 20.000 de ses partisans défilent le 1er mai 1945 à Alger en sa faveur. Le matin du 8 mai, une nouvelle manifestation survient à Sétif aux cris de «Istiqlal , libérez Messali».

Les militants du PPA ont reçu la consigne de ne pas porter d'armes ni d'arborer le drapeau algérien mais un scout musulman n'en tient pas compte et brandit le drapeau au coeur des quartiers européens.

La police se précipite. Le maire socialiste de la ville, un Européen, la supplie de ne pas tirer. Il est abattu de même que le scout. La foule, évaluée à 8.000 personnes se déchaîne et 27 Européens sont assassinés dans d'atroces conditions. L'insurrection s'étend à des villes voisines, faisant en quelques jours 103 morts dans la population européenne.

La répression est d'une extrême brutalité. L'aviation elle-même est requise pour bombarder les zones insurgées. Après la bataille, les tribunaux ordonnent 28 exécutions et une soixantaine de longues incarcérations . Officiellement, les autorités françaises estiment que le drame aura fait 102 morts chez les Européens et 1.500 chez les musulmans. Les autorités algériennes parlent aujourd'hui de 45.000. Les historiens spécialistes évoquent quant à eux 8.000 à 20.000 morts.

Une opinion indifférente

Le drame passe inaperçu de l'opinion métropolitaine qui a la tête ailleurs du fait de la capitulation de l'Allemagne, le même jour. Le quotidien communiste L'Humanité assure que les émeutiers seraient des sympathisants nazis !

Les émeutes de Sétif consacrent la rupture définitive entre les musulmans et les colons d'Algérie et annoncent la guerre d'indépendance.


source: herodote

Tandis que la France fête sa victoire sur le nazisme, pour les algériens ce jour est synonyme de deuil national vu comme une page noire de la colonisation française.


 
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  • : De l'Atlantique aux confins de l'Asie, l'histoire de la civilisation arabo-musulmane est ici mise en lumière. Ce blog a pour objectif de réunir un corpus documentaire sur l'histoire islamique pour tous les intéréssés, amateurs ou professionnels de la discipline historique.
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 Le saviez-vous?

La langue française est composé de milliers de termes provenant de la langue arabe: cliquez ici !

C'est le savant Ibn Al Haytham qui découvre que la lumière entre dans l'oeil et non l'inverse comme le croyait les Grecs et Romains.


L'Empire arabo-musulman fût l'un des plus grands empires de l'histoire de l'Humanité et s'est constitué en moins d'un siècle, né d'une religion apparue en plein milieu du désert.

Le personnage historique:

 

Abou Al Qacim Al Zahrawi (latinisé Aboulcassis) est l'un des plus grands chirurgiens de tous les temps et sûrement le plus grand du Moyen Âge et de l'Islam classique, ses traités de chirurgie comportaient des descriptions d'instruments cliniques qu'il avait inventé (ophtalmologie, gynécologie), pratique de cautérisation. Traduit en Europe au XVème siècle, ils servirent pendant plus de 500 ans de références dans les universités d'Europe.  Cliquez ici pour découvrir ce personnage ! 

 

                                                                                                                       http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0e/17th_century_Persian_anatomy.jpg/383px-17th_century_Persian_anatomy.jpg

 

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  L'Emir Abdelkader face à la conquête française de l'Algérie, de Mehdi Benchabane (ed: Edilivre)

L émir Abdelkader face à la conquête française de l Alg
L'émir Abdelkader (1808-1883) est aujourd'hui considéré comme étant l'Algérie incarnée en homme, sa personne et son oeuvre constituent un formidable révélateur des relations franco-algériennes au cours du XIXème siècle, et également de la position de l'islam face à la colonisation. C'est ainsi que sa lutte contre la France coloniale entre 1830 et 1847 se distingue par une persévérance et une durée surprenantes au vu de ses forces militaires. Celle-ci s'est appuyée sur une intelligence tactique, une foi musulmane profonde imposant une éthique de vie, et un véritable sens du dialogue avec les différents acteurs du conflit. Cet ouvrage met ainsi en lumière les raisons de cette résistance exceptionnelle.
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