Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 13:30



Les musulmans s'étaient rendus maîtres en 718 de la péninsule dans sa quasi-totalité. Une grande proportion de chrétiens convertis à l'islam ainsi que des musulmans de diverses origines - Arabes, Syriens et Berbères - fondèrent en Espagne de petites colonies. Les riches terres de l'Espagne méridionale, à laquelle ils donnèrent le nom «Djazirat al-Andalus», présentaient un intérêt incontestable comparativement aux déserts de l'Afrique du Nord. Ici se développera l'une des plus grande phase de l'histoire arabo-berbère sur les plans politique, religieux mais surtout scientifique et artistique. C'est ici en partie que l'héritage gréco-romain sera transmis.

 

Abd ar-Rahman I, dernier héritier des califes omeyyades, réussit à échapper au massacre de sa famille, quitta la Syrie et passa en Espagne, où il prit Séville puis Cordoue (756) et fonda un émirat. Abd ar-Rahman III mit un terme à une période de troubles, unifia l'Espagne mauresque et se proclama calife (929). Son règne (912-961), époque de prospérité économique et de splendeur culturelle, marque l'apogée de l'Espagne musulmane.  

 

L'Andalus était, à bien des égards, radicalement différente de l'Europe chrétienne. Alors que l'Europe rurale s'était appauvrie, l'Andalus était une région de villes prospères tournées vers le commerce. Ses produits, notamment le verre, le papier, le cuir, l'orfèvrerie et les soieries, jouissaient d'une grande renommée jusqu'en Inde. Les souverains musulmans toléraient généralement les chrétiens et les juifs et encourageaient la diversité culturelle.

Les sciences, la médecine et la philosophie étaient florissantes, en particulier à Cordoue, la capitale. Les savants islamiques espagnols, tel Averroès, étudièrent les œuvres d' Aristote et des autres philosophes grecs, qui furent traduites en latin avant d'être diffusées dans le reste de l'Europe.  Cette situation dura sous le gouvernement du lettré ambitieux Ibn Abi Amir, connu sous le nom d'al-Mansour («le Victorieux») et qui exerça une véritable dictature jusqu'à sa mort en 1002. L'Andalus se morcela alors en petites factions et en principautés, dressées les unes contre les autres (les taifas).

Après la disparition du califat (1031), l'Espagne musulmane connut une réunification de courte durée sous des envahisseurs musulmans d'Afrique du Nord, les Almoravides (1086-1147) puis les Almohades (1147-1212), qui cherchèrent à instiller dans la population maure indigène un islam plus teinté d'intégrisme. En dépit de certains succès temporaires, l'Espagne musulmane ne pourra désormais que se tenir sur la défensive.

 
Al Andalus sous l'Emirat de Cordoue en 910.




Je vous conseille de lire l'ouvrage de Pierre Guichard sur Al Andalus qui est très complet, accessible à un large public (même si parfois quelques recherches sont nécessaires) et surtout d'une bonne qualité. ;)




AL ANDALUS partie 1
Un documentaire très réussi passé sur arte qui parle de toute l'histoire d'Al Andalus que je vous conseil de regarder, vous retrouver les deux parties du film:cliquer ici!!!

 

Repost 0
Published by Mehdi
commenter cet article
4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 12:33

Les Turcs ont joué dans l'Histoire universelle,au cours du dernier millénaire, un rôle majeur dont on a peine à se rendre compte aujourd'hui.
Ils ont ouvert la voie aux Mongols en Russie comme en Chine et au Moyen-Orient. Ils ont aussi entamé l'islamisation du sous-continent indien. Enfin, pendant près d'un millénaire, ils ont harcelé la chrétienté, autrement dit l'Europe, sur ses marges orientales. C'est contre eux qu'ont été dirigées les croisades.
Plus tard, leur conquête de Constantinople a eu pour double effet de chasser vers l'Italie les savants et lettrés grecs, sans lesquels il n'y aurait pas eu de Renaissance, ainsi que d'inciter les navigateurs portugais à contourner par la mer le Moyen-Orient soumis à leurs armes. Grâce à quoi Vasco de Gama atteignit l'Inde et Christophe Colomb l'Amérique.


Des nomades très envahissants

Les Turcs sont des nomades apparentés aux Mongols et issus de la steppe asiatique. Au VIIIe siècle, au temps de Charles Martel, l'une de leurs branches, lesKhazars, s'établit sur la Volga et se convertit au... judaïsme !

D'autres Turcs, plus au sud, entrent au service des émirs perses, se convertissent à l'islam, s'émancipent et, sous la conduite d'un chef nommé Mahmoud de Ghazni, se lancent vers l'an 1000 à la conquête de l'Inde du nord.

A la même époque, les avant-gardes turques apparaissent au Moyen-Orient sous le commandement de Toghrul-beg. Celui-ci est le petit-fils d'un chef de tribu de la steppe kirghize dénommé Seldjouk, d'où le nom de Seldjoukide donné à sa horde. Converti à l'islam, il prend le pouvoir à Bagdad, capitale de l'empire arabe, en s'octroyant le titre de sultan et enne laissant au calife arabe que des pouvoirs religieux et honorifiques.

Les Arabes, dès lors, sortent de l'Histoire. Sujets de seconde zone sous l'autorité turque, ils retrouveront en 1918 une indépendance quelque peu formelle après que Français et Anglo-Saxons auront abattu l'empire ottoman.

Les Turcs seldjoukides s'emparent de l'Arménie et remportent une écrasante victoire sur l'empereur byzantin à Malazgerd (ou Manzikert) en 1071. Sur les territoires enlevés aux Grecs, ils fondent le sultanat de Roum (ce nom est une déformation du mot Romains, car le sultanat s'est constitué aux dépens de l'empire romain d'Orient).

Byzance même est dès lors menacée et appelle l'Occident à la rescousse. Le pape Urbain II lance à Clermont un appel à combattre les infidèles. C'est la première croisade. Elle sauve la chrétienté byzantine du sort dont a été victime l'empire arabe de Bagdad.

Pendant ce temps, à Bagdad, les Turcs Seldjoukides s'avachissent rapidement dans le luxe. Ils ne peuvent éviter la dislocation de l'empire en plusieurs sultanats rivaux et la prise de leur capitale par les Mongols en 1258.

Le rouleau-compresseur ottoman


Une tribu tout juste arrivée de la steppe, encore pleine de vigueur guerrière, s'installe vers 1281 sur les ruines du sultanat de 
Roum. Le chef de cette tribu est un Turc du nom d'Osman ou Othman, d'où le nom d'Ottoman qui sera porté par ses membres.

Orkhan, le fils d'Osman 1er, enlève aux Byzantins leurs dernières possessions d'Anatolie...

Puis, en 1353, il traverse le détroit du Bosphore et prend pied sur le continent européen sous le prétexte de soutenir la cause d'un prétendant au trône byzantin, Jean Cantacuzène.

On doit à ce chef l'organisation administrative du futur empire et la création du corps redoutable des janissaires.

Son fils Mourad 1er se sentassez fort pour prendre le titre de sultan et afficher ainsi son indépendance à l'égard desMongols de Bagdad.

Il a tôt fait de soumettre les Balkans. En 1362, il défait une armée de croisés conduite par le roi Louis 1er de Hongrie. Il installe sa capitale à Andrinople, à deux pas de Constantinople, l'objectif ultime.

Puis, le 28 juin 1389, a lieu la dramatique bataille de Kosovo Polié qui voit la fin de l'indépendance serbe.

Quelques années plus tard, à Nicopolis, les croisés sont une nouvelle fois écrasés par Bajazet, le successeur de Mourad.

Plus rien ne semble s'opposer au triomphe ottoman... sinon une improbable attaque de Tamerlan. Bajazet défait et capturé à Angora, c'est cinquante ans de répit pour Constantinople.

La «nouvelle Rome» est finalement conquise le 29 mai 1453 et devient sous le nom d'Istamboul la capitale définitive de l'empire ottoman.

Tandis que l'Europe orientale et balkanique est colonisée par les nouveaux venus, l'Occident accueille les savants et érudits byzantins et tire de leurs savoirs assez d'énergie pour partir à la conquête du monde.

Bref apogée de l'empire ottoman

Le nouvel empire, à cheval sur l'Occident chrétien et l'Orient à majorité musulmane sunnite, va vivre au XVIe siècle un bref apogée, en particulier sous le règne de Soliman, surnommé en Occident le Magnifique (1520-1566), avec lequel le roi de France François 1er se permet même de nouer une alliance contre son rival Charles Quint.

Vienne est assiégée (sans succès) à l'automne 1529. Mais toute l'Europe balkanique et la Hongrie tombent sous la coupe des Turcs, de même que l'ancien empire arabe de Bagdad. Seul le Maroc conserve encore et toujours son indépendance.

Les sultans laissent une grande autonomie aux peuples assujettis, se contentant (ce qui n'est tout de même pas rien) de prélever l'impôt spécial aux non-musulmans et d'enlever des enfants chrétiens pour en faire de futurs janissaires. L'architecte Sinan, un ancien janissaire d'origine grecque, magnifie le règne de Soliman avec ses splendides mosquées, inspirées de la basilique Sainte-Sophie de Constantinople (celle-ci a été transformée en mosquée depuis la conquête de la ville).

Lent déclin

Après la mort du sultan Soliman le Magnifique, l'empire turc entre en décadence, jusqu'à sa désintégration à l'occasion de la Première Guerre mondiale.


Les luttes de succession, dans le harem du sultan, affaiblissent le régime. L'armée, et en particulier le corps des janissaires, gavée d'honneurs et de privilèges, perd peu à peu ses vertus combatives.

 

Les sultans eux-mêmes se comportent en«rois fainéants» et ne daignent bientôt plus présider les réunions du cabinet impérial, ledivan.

Dès 1571, les Turcs subissent une mémorable défaite navale à Lépante face à une flotte espagnole et vénitienne. Mais leurs armées n'en demeurent pas moins redoutables et craintes jusqu'à la fin du XVIIe siècle. C'est seulement après leur nouvel échec devant Vienne en 1683 et leurs défaites successives face au prince Eugène qu'elles cessent définitivement d'être une menace pour les Européens.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la décompositionde l'empire ottoman n'est plus évitée que par la mésentente des grandes puissances européennes concernées (Autriche, Russie, Angleterre, France).

L'empire, réduit à l'Anatolie, la région d'Istamboul et le monde arabe, disparaîtra à l'issue de la Première Guerre mondiale pour laisser la place à l'actuelle République turque érigée par Mustafa Kemal dit Atatürk.

source: Herodote 



Empire Ottoman vu par le Dessous des cartes.

Repost 0
Published by Mehdi
commenter cet article
3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 23:24

 


Après avoir connu trois siècles de grandeur sous les premiers califes, les Arabes ont été "exclus" de l'Histoire par les avancées turques dès les alentours de l'An Mil.

L'irruption de Napoléon Bonaparte sur les bords du Nil en 1798 provoque un électrochoc. Le vice-roi d'Égypte Méhémet-Ali s'émancipe de la tutelle ottomane (ou turque) et modernise son pays avec le concours des Français. Ceux-ci se montrent également soucieux de protéger les chrétiens du Proche-Orient, selon une tradition qui remonte à François 1er et aux Capitulations conclues avec le sultan Soliman le Magnifique. En 1860, Napoléon III envoie un corps expéditionnaire au Liban pour mettre fin à des massacres inter-communautaires.

L'ouverture du canal de Suez amène les Anglais à s'intéresser à leur tour à la région, leur souci principal étant de protéger la route des Indes. Ils établissent un protectorat sur l'Égypte ainsi que sur divers ports de la péninsule arabique.

Imprégnés de culture occidentale, les élites arabes de confession chrétienne commencent à songer à une émancipation du monde arabe. Mais leurs revendications sont repoussées par le gouvernement d'Istamboul. Celui-ci tombe en 1908 sous la coupe d'un groupe de nationalistes turcs, les «Jeunes Turcs», qui veulent prendre le contrepied du multiculturalisme ottoman.

Dans le même temps, en Palestine, commencent de s'installer des colons juifs venus d'Europe et désireux de constituer un foyer national juif en Terre promise. Leur rêve sera validé en pleine guerre mondiale par la déclaration du ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Balfour. Au coeur de la péninsule arabe, quelques troupes de bédouins suivent les préceptes d'un prédicateur rigoriste du nom de Wahhab. Ils créent leur propre État sous la conduite d'un chef audacieux, Ibn Séoud.

Tous les ingrédients des crises actuelles se mettent ainsi en place au début du XXe siècle.

Voici une animation sur l'histoire de l'Orient arabe au XXème siècle (histoire à la carte): 

Cliquer ici pour accéder à l'animation!  
 

Repost 0
3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 22:08

Le 14 septembre 786, à Bagdad, sur les bords du Tigre, Haroun al-Rachid devient calife, c'est-à-dire «remplaçant» du prophète Mahomet. Son titre lui confère l'autorité sur la totalité des musulmans à l'exception de ceux d'Espagne.

En accédant au pouvoir, Haroun al-Rachid, fils du précédent calife, El-Mahdi, et d'une esclave berbère, va porter à son apogée l'empire arabe et la dynastie des Abbassides.

NB : al-Rachid signifie en arabe «le bien guidé» ; on écrit aussi el-Rachid.




Trois empires autour de la Méditerranée


Vers l'An 800, tandis que règne à Bagdad le calife Haroun al-Rachid, Charlemagne règne à Aix-la-Chapelle, près du Rhin, sur l'Empire d'Occident. À Constantinople, sur le Bosphore, Irène gouverne l'empire byzantin.

Haroun al-Rachid, Charlemagne, Irène... Ces trois personnages magnifiés par la légende symbolisent une période de transition. Sous les cendres de l'empire romain, un monde nouveau est en train de germer mais les contemporains n'en ont guère conscience.

Autour de la Méditerranée, la paysannerie vit dans une extrême misère. La paix est sans cesse violée et, qui plus est, de nouvelles vagues d'envahisseurs se profilent au nord et à l'est (Vikings, Magyars).

Essor de l'empire arabe

Sous le règne d'Haroun al-Rachid, Bagdad va devenir la cité
la plus remarquable de l'univers. Elle offre l'exemple d'une civilisation raffinée dont les contes des Mille et une Nuits, contemporains d'Haroun al-Rachid, us conservent le souvenir.

 Ses commerçants entretiennent des relations avec le monde entier comme le rappelle le conte de Sindbad le marin.

Ses poètes chantent le vin et l'amour, comme Abou Nouwas (ou Abû Nuwas). Ses théologiens et ses savants élaborent une culture de premier plan.

Sa population, en trois ou quatre générations, s'élève jusqu'à près de deux millions d'habitants, ce qui en fait la plus grande métropole de son époque.

Dans tout l'empire mais aussi dans l'émirat indépendant de Cordoue, en Espagne, et dans le royaume du Maroc, se développe un artisanat prospère dont le souvenir se conserve dans le vocabulaire : cordonnier vient de Cordoue, mousseline de Mossoul, produits damasquinés(orfèvrerie à la feuille d'or) de Damas, maroquinerie de Maroc,.

Les Arabes restaurent et améliorent les anciens réseaux d'irrigation autour de la Méditerranée. Du fait de leurs liens avec la Perse, l'Extrême-Orient et l'Asie du Sud, ils introduisent de nouvelles cultures en Occident : riz, haricot, chanvre, canne à sucre, mûrier, abricotier, asperge, artichaut,...


Difficile succession


Dans ses relations diplomatiques, le calife Haroun al-Rachid fait preuve d'une remarquable activité. Il impose pendant quelques années un tribut aux Byzantins. Il envoie aussi une ambassade à Charlemagne et lui offre d'après les chroniqueurs une somptueuse horloge à eau ou clepsydre...

Son règne témoigne aussi de la fragilité de l'autorité califale. Yahya, qui fut le précepteur du calife dans sa jeunesse, est devenu au fil du temps son principal ministre. Il installe sa famille, les Barmécides, au premières places de l'État.

L'aventure connaît une fin tragique avec le massacre des Barmécides sur ordre d'Haroun al-Rachid. Malgré son coup d'éclat, le calife va laisser peu à peu son pouvoir tomber aux mains des ministres et des conseillers.

Source: Hérodote.com

Le calife Haroun Al Rachid reçoit une ambassade de Charlemagne, Julius Köckert (Koeckert) (1827-1918).
Repost 0
Published by Mehdi
commenter cet article
3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 12:19

La grande période de la science arabe se situe au Moyen Age, entre la fondation de Bagdad en 762 et la fin du XIVe siècle. Elle naît au milieu du VIIIe siècle sous les Abbassides, qui, avec les arts, en favorisent le développement. Astronomes, mathématiciens, médecins et philosophes vivent souvent dans les cours princières, et toute entreprise culturelle ou scientifique bénéficie des subsides du pouvoir: le mécénat sera le mode de fonctionnement institutionnel de la science arabe médiévale.

Science qui, au demeurant, est loin d'être exclusivement le fait d'Arabes proprement dits: certains savants sont, suivant les époques et les zones d'influence, turcs, kurdes, persans, andalous, etc. De même, elle n'est pas non plus exclusivement islamique: si la majorité de ces savants étaient musulmans, cependant certains étaient juifs ou chrétiens. En définitive, c'est d'abord la langue qui unifie tout le monde arabe médiéval, de l'Atlantique à l'Iran.




Jusqu'au IX e  siècle, les savants arabes vont se contenter, comme les moines européens, de traduire les textes des Anciens. Ils traduisent les œuvres majeures de la science grecque, les assimilent, mais les enrichissent assez peu, exception faite d'apports assez notables en mathématiques et en astronomie, lesquels sont cependant redevables à la traduction de certains textes indiens.  

 

Après le temps des grandes traductions arrive, au IX e siècle, celui d'une science proprement arabe représentée par al-Kharezmi, mathématicien et astronome, et al-Kindi, philosophe et géomètre. D'abord limitée à la Mésopotamie, elle s'étend progressivement, à partir du Xe siècle, au pourtour méridional du Bassin méditerranéen et en Espagne. A partir du XIe siècle, et jusqu'au XIVe siècle, une activité scientifique notable se développe dans des villes comme Bagdad, Le Caire et Kairouan ou, pour l'Espagne, Cordoue, Séville et Tolède. En Espagne, peu à peu reconquise par les chrétiens, de nombreux contacts vont se nouer entre la culture arabe et la culture chrétienne.  

Une bonne partie de ce que les savants avaient acquis de la science et de la philosophie grecque, et une partie non moins importante de ce qu'ils bâtirent à partir de cet héritage, ont été transmises à l'Europe, au XII e siècle, par des traductions faites en latin à partir de l'arabe. La science arabe assura ainsi le relais et la «continuité» de la science occidentale, au début comme à la fin de la période médiévale. Les noms de Djaber ibn Hayyan (chimie et alchimie), Mohammad ibn Moussa al-Khowarezmi (algèbre), Fakhr al-Din al-Razi dit Rhazès (médecine), Abou 'Abd Allah Mohammad ben Djaber ben Sinan al-Battani (astronomie), Avicenne (physique et médecine), al-Zarqali (astronomie et géographie) et Ibn al-Hattham dit «Alhazen» (optique et mathématiques) s'intègrent à la tradition intellectuelle occidentale tout autant qu'à la culture arabo-iranienne. Leurs œuvres ont joui d'un grand prestige en Europe, jusqu'à la fin du XVIIe siècle.


L'influence grecque et indienne
Pour l'essentiel, la science arabe est toujours restée grecque de caractère. Mais la science hellénistique, parente directe de la science arabe, avait incorporé des éléments orientaux. Plusieurs de ces éléments ont trouvé leur place directement dans la science arabe, comme le zéro et son utilisation dans le calcul, les chiffres dits «arabes» et certaines techniques trigonométriques et astronomiques - tous éléments venant de l'Inde. Cet enrichissement mutuel des idées grecques et indiennes explique les progrès importants accomplis dans les domaines de l'arithmétique, de l'algèbre et de l'astronomie, mais aussi certains résultats obtenus par les Arabes et qui n'ont pas leur origine dans la science antique des Grecs.  

 

Reste que, pour les savants médiévaux qui écrivaient en arabe, les Grecs représentaient l'autorité suprême: Euclide, Archimède et Apollonios de Pergé pour les mathématiques; Ptolémée pour l'astronomie; Gallien et Hippocrate pour la médecine. Cela ne signifie pas que les savants de l'islam médiéval furent de simples suiveurs. La civilisation islamique produisit un bon nombre de savants originaux - souvent d'origine iranienne - indépendants et doués d'un grand esprit critique, tels que al-Razi, al-Massoudi, al-Birouni et Alhazen. Mais leurs innovations dans les domaines de l'observation astronomique, de l'expérience médicale clinique et même de l'optique - science à laquelle Alhazen imprima un tournant décisif - ont été introduites dans le cadre général d'anciennes disciplines grecques ou d'après des modèles grecs; les critiques ont également été formulées selon les termes forgés par les fondateurs grecs.  

La science arabe n'a pas engendré de révolution scientifique comparable à celle que connut l'Europe aux XVI e et XVII e siècles. Mais l'idée selon laquelle la contribution islamique se serait bornée à préserver puis à transmettre l'héritage scientifique de l'Antiquité à l'Europe n'est que très partiellement exacte. A côté de ce passage de relais, pour un héritage qu'ils avaient maintenu vivant par leur enthousiasme et par leur participation active, les savants arabes ont également apporté des résultats substantiels entièrement de leur cru.  
 
Position dans le monde islamique
Le rôle de la science arabe dans la civilisation islamique n'est pas aisé à définir. On ne saurait maintenir que «les sciences rationnelles des Anciens» - par opposition aux «sciences islamiques» de l'exégèse coranique, des traditions, de la jurisprudence, etc. - ne sont jamais devenues parties intégrantes de la civilisation islamique: les sciences rationnelles ont vigoureusement prospéré en islam pendant presque quatre siècles. Bien qu'elles n'aient jamais fait partie des cursus officiels de l'éducation officielle, nous savons qu'elles étaient résolument encouragées - et pas simplement tolérées - par les souverains musulmans, qu'ils fussent sunnites ou chiites.  

Le problème du degré de pénétration des idées dérivées de la science et de la philosophie grecques dans les différentes classes et catégories de la société islamique ne saurait avoir de réponse uniforme pour toutes les périodes de son histoire. L'élite cultivée de Bagdad, au X e siècle, par exemple, avait une bonne connaissance de la philosophie grecque; elle utilisait les méthodes grecques d'argumentation. Certains de ceux qui faisaient leurs humanités en grammaire et en rhétorique étaient marqués, dans leurs recherches, par leur dépendance vis-à-vis de la logique aristotélicienne. La théologie islamique adopta la dialectique et la terminologie grecques dès son origine ou presque. Même le théologien orthodoxe al-Ghazali, qui soupçonnait que les sciences astronomiques et mathématiques avaient une influence pernicieuse, épargnait la logique grecque dans ses attaques, car il la considérait comme une étude propédeutique essentielle pour maîtriser la jurisprudence et le droit canon islamiques. Avant comme après le temps d'al-Ghazali, l'astronomie fut même proclamée au service de l'islam - parfois par des fonctionnaires chargés du calendrier musulman, dans les grandes mosquées - parce qu'elle fournissait la preuve de l'unicité de Dieu (article fondamental de la religion musulmane), de sa perfection et de sa sagesse.  

Des tentatives furent conduites pour concilier la philosophie rationnelle - dont les mathématiques et l'astronomie faisaient partie - et la religion islamique. Parmi les plus notables de ces tentatives, spécialement influentes dans les cercles chiites, il convient de mentionner les Epîtres des frères de pureté (ou «de Sincérité»), composées au X e siècle. Bien que ces tentatives aient généralement échoué, il serait erroné de conclure de cet échec à une condamnation des modes helléniques de pensée. A l'instar du philosophe Abou Ya'qoub Ishaq ibn Ahmad al-Sidjzi, dit Al-Sedjestani (X e siècle), certains de ceux qui n'avaient aucun intérêt pour ces conciliations étaient des amis sincères de la science hellénique tout autant que des musulmans convaincus et pratiquants. Au cours de la période finale de stagnation, seules les notions élémentaires d'astronomie et d'arithmétique restèrent enseignées pour des usages religieux limités: traitement des problèmes d'héritage, établissement du calendrier musulman, détermination de la direction de La Mecque.  
 

Les mathématiques
Ibn Musa al-Kharezmi inaugura, au début du IX e  siècle, un renouveau de l'algèbre. La manière est toujours rhétorique; l'algèbre arabe ne comporte pas de symboles, mais, par rapport à celle des Grecs, les algorithmes de calcul - du nom même du savant - se multiplient, notamment pour les extractions de racines carrées et cubiques ainsi que pour les calculs approchés. Cette algèbre s'inspire certes beaucoup de l'algèbre géométrique de Diophante, traduite dès le X e  siècle, mais, chez la plupart des mathématiciens arabes, elle se dégage peu à peu de la géométrie et devient une pratique autonome.  

D'autres questions sont également développées. Ainsi les frères Banû Musa, bien connus pour leurs recherches en mécanique, s'attachent à l'étude de la mesure des figures planes et sphériques. La construction des figures coniques ainsi que le problème des parallèles, en rapport avec le postulat  d'Euclide, ont suscité également de multiples travaux. 

La géographie
Hormis quelques dissidents, les Arabes demeurent fidèles au paradigme ptoléméen: Terre immobile; système de sphères; combinaisons de cercles pour expliquer les mouvements des planètes, de la Lune et du Soleil. Toutefois, grâce au bénéfice non d'une meilleure précision mais du temps qui s'est écoulé depuis Ptolémée, ils corrigent certains paramètres de son système, notamment la constante de précession des équinoxes. Ils sont aussi des calculateurs avisés de tables astronomiques et d'habiles constructeurs d'instruments de précision, tel l'astrolabe. 

La physique arabe
Le terme physique ne doit pas être compris dans son sens moderne. Il correspond ici à un ensemble de disciplines encore assez mal différenciées et portant essentiellement sur des questions de mécanique (statique et hydrostatique) et sur l'optique.  

Les études de mécanique portent principalement sur la détermination des centres de gravité, et des conditions d'équilibre, ainsi que sur l'usage de la balance. Ces travaux prolongent en particulier les recherches d'Archimède sur le centre de gravité et d'une façon générale sur les questions de statique. Sont également envisagés dans ce même champ de la mécanique ce qui concerne l'élévation des poids au moyen de machines ainsi que la transformation des mouvements. Les Mécaniques de Héron d'Alexandrie sont traduites par Qusta ibn-Luqûa, et les Banû Musa apportent d'intéressantes contributions à l'élaboration des machines simples ainsi qu'à l'étude des machines hydrauliques.   

L'importance et la richesse des travaux dans le domaine de l'optique est tout à fait remarquable. Si le nom d'Alhazen est bien connu par son œuvre principale, le Kitab al-Manazir, qui a exercé une influence déterminante sur le développement de l'optique jusqu'au XVII e  siècle - une traduction latine de l'ouvrage est donnée en 1672 en l'associant aux écrits de Witelo, qui seront repris plus tard par Kepler -, il importe également de rappeler le nom d'Ibn Sahl (X e  siècle), qui énonce sous la forme d'un rapport géométrique la loi de la réfraction, et celui de Kamal al-din al-Farisi qui, prolongeant les travaux d'Alhazen, donne une très belle théorie de l'arc-en-ciel et des réflexions dans une sphère cristalline.   
 

Géologie et Botanique
En géologie, science demeurée au stade embryonnaire pendant tout le Moyen Age, les Frères de la pureté (Akhwan el-Safa), auteurs, au X e  siècle, d'une Encyclopédie, ou Avicenne, au XI e  siècle, proposent des hypothèses concernant l'orogenèse, c'est-à-dire la formation des montagnes. D'autre part, seuls les Arabes s'intéressent aux minéraux d'un point de vue scientifique.  

En botanique également, ils continuent à étudier les plantes, mais à des fins uniquement pratiques. Même démarche en agronomie: la valeur agricole de certaines régions, surtout d'Espagne, est accrue par des travaux d'irrigation.  

Enfin, alors que la médecine occidentale est empreinte de magie et d'astrologie, la médecine arabe garde un caractère expérimental proche de la médecine grecque par les méthodes et les principes (importance de l'observation) ou de la médecine indienne par l'utilisation qu'elle fait de sa pharmacopée.




Voilà une vidéo interéssante mais peut être critiquable sur certains points, elle reste néanmons de bonne qualité montrant la multitude des inventions et  des perfections arabes (comme la torpille par exemple..!^^) avec le témoignage de nombreux historiens.

La video est en plusieurs parties, vous avez ci-dessus la première voici les autres:
partie 2
http://www.dailymotion.com/mychannel/TKFATPK/video/x6k80z_technologie-dorient-du-moyen-age-23_tech

partie 3
http://www.dailymotion.com/mychannel/TKFATPK/video/x6k7xq_technologie-dorient-du-moyen-age-33_tech

 

 

 


Repost 0
Published by Mehdi
commenter cet article
2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 21:41

Terre de civilisations, punique, romaine, arabe, turque... l'Algérie verra le peuple berbère s'opposer dans un premier temps à la conquête arabe mais une fois convertis à l'islam le maghreb ainsi que Al Andalus seront marqués par des dynasties uniquement berbero-musulmanes pour la plupart arabisés. Notons que l'essentiel des armées sarrasines de l'occident musulmans seront essentiellement constitué de berbères, ces mêmes berbères qui monteront jusqu'à Poitiers.

En 647, quinze ans après la prédication de Mahomet, apparaissent les premiers cavaliers arabes, qui battent les troupes byzantines. Ils reviennent en 666, avec à leur tête Oqba ibn Nafi qui chevauche jusqu'à l'Atlantique (en 683), soumettant et convertissant les Berbères. Les rébellions sont nombreuses, comme celle, légendaire, de la Kahina, reine des Aurès. La conquête à peine achevée, au début du VIII e  siècle, le kharidjisme, mouvement schismatique de l'islam, se répand dans le pays et suscite la formation de royaumes indépendants de fait du califat omeyyade, comme celui des Rustémides de Tahert (Tiaret). Mais l'islam n'est pas remis en question; rien ne subsistera du christianisme.  


Au début du XI
e  siècle, les Berbères hammadides établissent leur domination sur le Maghreb central à partir de Qala des Banu Hammad, leur riche capitale jusqu'en 1091. Cependant, en 1049 commencent à déferler sur la région les tribus arabes des Banu Hilal, qui provoquent désordre et morcellement du pays. Au XIII e  siècle, les Berbères Abdalwadides de Tlemcen fondent un royaume qui étend son pouvoir sur les deux tiers occidentaux du pays et se maintient jusqu'au milieu du XVI e  siècle.  


En
Espagne, pendant ce temps, s'accentue la pression chrétienne qui repousse vers l'Afrique du Nord les Andalous musulmans et juifs. Après la chute de Grenade, en 1492, les rois espagnols s'attaquent aux villes nord-africaines. Rapidement débordées, celles-ci font appel à des aventuriers, des corsaires turcs à peine convertis à l'islam, qui les placent sous la protection de l' Empire ottoman. Les frères Barberousse fondent ainsi la régence d'Alger, qui étend, à partir de 1587, son empire, souvent théorique, sur tout le pays. Grâce à la course - la guerre menée par les corsaires -, la régence connaît deux siècles de relative opulence, dont Alger garde aujourd'hui encore la trace architecturale.


Kheir ed-din dit "Barberousse", le fameux Barbaresque turc installé à Alger.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Khayr_ad-Din_Barberousse

Repost 0
Published by Mehdi
commenter cet article
2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 21:21
Prophète de la religion islamique, Mohamed serait né aux environs de 570 dans la ville sainte pour les musulmans de La Mecque, c'est après sa mort en 632 que seront lancés les grandes conquêtes qui seront extrêmement rapides. Mohamed apporte avec lui un nouveau message, la dernière et véritable révélation de Dieu. Son départ pour Médine en 622 marque l'an 1 du calendrier musulman, l'Hégire.


La vie du Prophète

Selon la sira (biographie traditionnelle du
Prophète), Muhammad, ou Mahomet, est né à La Mecque dans le Hedjaz, région occidentale de l'Arabie, vers 570 après J.-C. Son père, Abd Allah, appartenait au clan des Bani Hachem, qui était une fraction de la puissante tribu des Quraychites (originaire de La Mecque); cette dernière était alors en perte de statut social. Orphelin de père à la naissance, et sa mère, Amina, se trouvant dans une situation précaire, l'enfant est mis en nourrice dans une tribu bédouine, où il va demeurer jusqu'à l'âge de six ans. Sa mère meurt peu de temps après l'avoir récupéré. Le jeune Mahomet est élevé par son grand-père paternel et chef de clan, Abd al-Muttalib, puis, à la mort de celui-ci, par son oncle, Abu Talib, riche marchand mecquois devenu chef du clan des Hachem. Celui-ci emmène souvent Mahomet avec lui lors de ses voyages à travers le désert; il lui fait découvrir la Syrie. Par la suite, Mahomet, pour gagner sa vie, deviendra caravanier; il entrera ainsi au service de Khadidja, riche veuve qui possède les caravanes les plus importantes de La Mecque, qu'il épousera vers 595.  

 

Les événements de sa petite enfance auront sur sa destinée une importance capitale: ils marqueront la morale sociale du Coran, qui défend inlassablement les veuves et les orphelins, interdit le mariage entre deux personnes placées chez une même nourrice, comme si elles étaient frère et sœur. Cet interdit provient du code bédouin qui fait des frères de lait des frères de sang. Mahomet épousera des veuves la plupart du temps. Sa première épouse, Khadidja, est plus âgée que lui d'une quinzaine d'années. De cette union naîtront plusieurs enfants: seules ses quatre filles survivront. Mahomet adopte un de ses esclaves, qu'il affranchit, et adopte également son cousin Ali, fils d'Abu Talib, qui épousera l'une de ses filles, Fatima; toute la descendance prophétique, historiquement si décisive, proviendra de cette union familiale.  

Les débuts à La Mecque
Le Hedjaz se situe alors au carrefour d'un mouvement commercial important entre le Yémen (océan Indien) et la Syrie(Méditerranée), mais aussi entre l'Arabie et l'Abyssinie chrétienne (l'actuelle Ethiopie). La Mecque est alors une grande étape caravanière, environnée de tribus qui élèvent notamment des chameaux pour le transport des hommes et des marchandises. Sur le plan politique, cette région forme la marge de l'influence des deux puissances du moment: Byzance la chrétienne, et la Perse sassanide, qui pratique la religion manichéenne de Zarathoustra. Du point de vue religieux encore, la proximité du Sinaï de Moïse et de la Jérusalem de Jésus se concrétise par la présence, en Arabie, de chrétiens nestoriens ou coptes et de tribus juives. Les éleveurs arabes, quant à eux, pratiquent une sorte de polythéisme à base tribale. L'un de leurs sanctuaires les plus réputés se trouve précisément à La Mecque. Il y a donc place, dans ce contexte, pour un message monothéiste, qui serait spécifiquement adressé aux populations de culture arabe.  

La vocation
Mahomet avait coutume de se retirer régulièrement dans une grotte, non loin de La Mecque, sur le mont Hira, pour méditer et prier. C'est là qu'il reçut la première révélation, par l'entremise de l'archange Gabriel, vers l'an 610. Après le trouble causé par les premiers messages divins, Mahomet s'y habitua peu à peu et les répéta à son entourage. Il finit par les dicter à un proche; cette transcription des révélations formera par la suite le Coran (de l'arabe qur'an, «lecture» ou «récitation»).

L'un des parents de Khadidja, réputé hanifi, c'est-à-dire adepte du monothéisme «originel» hérité d'Abraham, reconnaît en Mahomet le prophète annoncé dans les traditions de Moïse et de Jésus. Mais des années passeront avant que Mahomet ne s'engage dans la prédication. A partir de ce moment, l'annonce de la nature prophétique de sa mission et ses sermons sur la fin du monde, sur le Jugement dernier, sur l'unicité divine et sa transcendance absolue, sur la damnation des réprouvés et la rétribution des justes rencontrent le scepticisme de ses concitoyens mecquois, puis rapidement l'hostilité des factions tribales dirigeantes.  

Malgré le soutien de Khadidja et de quelques proches, comme Abou Bakr, qui se convertissent à la nouvelle religion, et la protection de plusieurs membres de sa famille, notamment de son oncle Abu Talib, Mahomet est de plus en plus menacé par les membres hostiles de sa propre tribu. En 615, il avait conseillé à certains de ses compagnons de traverser la mer Rouge pour trouver refuge en Abyssinie; ils étaient conduits par Djaafar, le frère d'Ali. Quelques-uns, au contact des églises abyssines, se convertiront au christianisme copte. La même année, en 619, sa femme Khadidja, âgée de 65 ans, et son oncle Abu Talib à près de 90 ans meurent. Mahomet se remarie avec Sauda, rentrée d'Abyssinie après la conversion de son mari, Sukran ibn Amr.  

La mort de son oncle le prive de tout soutien dans le clan des Hachim; Abu Lahab, très hostile à Mahomet, succède à son frère Abu Talib. Mahomet doit s'éloigner de La Mecque, il conclut un pacte (serments d'Aqaba) avec des partisans qui l'accueillent à Yathrib, la future Médine, ville oasis du Nord. C'est la rupture de l'hégire (de l'arabe hidjra, «émigration»); l'exil volontaire de Mahomet, de La Mecque vers Médine, marque les débuts de l'ère islamique (l'hégire correspondrait au 15 juillet 622 du calendrier grégorien) et de la nouvelle communauté (oumma), unie dans la foi en un dieu unique. La période antérieure est globalement qualifiée de «temps de la fureur» (djahiliyya).  

Médine : premier «Etat» islamique (622-632)
Les fidèles quittent peu à peu La Mecque pour rejoindre le Prophète. Yathrib devient alors Médine (de l'arabe madina, «ville»). L'alliance entre «émigrés» mecquois, les Muhadjirun, et «partisans» médinois, les Ansar, sans compter la présence de communautés juives, place Mahomet à la tête d'une ville «fédérée», qui a besoin de se doter d'institutions et d'être défendue contre les ennemis mecquois. De nombreuses révélations coraniques de cette époque prendront un tour plus organisationnel, tant au niveau du contenu religieux que social et politique: l'office religieux est mis en place à la mosquée; Abou Bakr, devenu beau-père de Mahomet (Aïcha est sa troisième épouse), sera l'imam conduisant la prière, et Bilal, un Noir affranchi, sera le premier muezzin. L'impôt religieux obligatoire (zakat) et le partage réglementé du butin de guerre formeront les bases des finances publiques de la cité-Etat. Le statut des femmes, la réglementation du mariage et de l'héritage conditionneront une partie du fonctionnement de la communauté de Médine puis, plus largement, de la société islamique.  

Sous la bannière de l'islam, le Prophète attaque les caravanes mecquoises. La victoire de Badr (624), contre des marchands quraychites de La Mecque, est considérée comme une guerre sainte (djihad) envers les infidèles (on ne parlera plus de razzia). Le revers d'Uhud (625) ainsi que les dissensions avec les tribus juives donnent lieu à des polémiques, dont témoigne le Coran. La nouvelle religion, reprenant et synthétisant l'ensemble de la tradition monothéiste héritée d'Abraham, se voulait unitaire. Dans les débuts de l'islam, la prière était faite en direction de Jérusalem; dès que l'entente avec les communautés tribales juives de Médine et des environs se détériora, la direction de la prière (qibla) fut réorientée vers La Mecque (624), et le jeûne fut fixé au mois de ramadan (celui de la victoire de Badr), consacrant la rupture idéologique avec les «gens du Livre», c'est-à-dire les juifs et les chrétiens.  

En 627, la bataille dite du «Fossé» a lieu aux portes mêmes de Médine; elle révèle l'impossibilité pour les Mecquois de conquérir la cité. Le Prophète, par un subtil jeu de négociations et d'intimidations, tente de s'emparer de sa ville natale: La Mecque est conquise sans effusion de sang en 630 («Nous t'avons assuré une victoire éclatante», dit le Coran, XLVIII, 1). Après la destruction des idoles, le sanctuaire de la Kaaba est récupéré et voué au culte musulman. Les conversions se multiplient et les expéditions militaires dépassent le Hedjaz. Le pèlerinage païen annuel à La Mecque est réformé et, en 632, Mahomet accomplit le pèlerinage dit «de l'adieu», dont le circuit et le déroulement rituel serviront de modèle au hadj, obligation canonique de la religion musulmane. Cet exemple démontre que certains anciens rituels arabes préislamiques ont été conservés et transformés à l'intérieur de la religion nouvelle. Deux mois après ce voyage triomphal, le Prophète, qui «n'est qu'un messager rassoul» (Coran, III, 144), meurt à Médine, où il est enterré.  

L'action de Mahomet fonde l'idéal du dirigeant islamique, en charge du temporel et du spirituel, et dont l'action politique tend vers la réalisation du dessein divin au sein de la société. Médine est devenue le deuxième lieu saint de l'islam; sa mosquée, qui abrite le mausolée du Prophète, est un passage presque obligé pour les musulmans, lors du pèlerinage annuel à La Mecque.  


Le Prophète n'avait pas prévu sa succession à la tête de la communauté musulmane. N'ayant pas eu de fils qui soit resté en vie et qui aurait pu continuer sa mission, selon la tradition arabe, le choix se porta à l'intérieur du réseau de compagnons et de parents proches, tissé au long d'une vie sociale active par des alliances matrimoniales et politiques nombreuses. Parmi les prétendants possibles, il y avait Ali, son cousin et gendre; Abou Bakr, qui lui avait donné en mariage sa fille Aïcha, l'épouse préférée; Omar, dont il avait également épousé une fille, Hafsa, la «lettrée». Ces derniers étaient mecquois, mais il y avait aussi des prétendants médinois. Finalement, l'ordre de succession au califat (calife signifie «celui qui vient après ») fut le suivant: Abou Bakr (632-634), Omar (634-644), Othman (644-656) et Ali (656-661).  
Ces quatre califes sont dits les «Bien-Dirigés», car après eux les différentes branches familiales s'opposèrent pour la conquête du pouvoir politique et religieux. En particulier, l'affrontement de Siffin (657), en Irak, consacra l'éclatement de la communauté musulmane, qui devait se scinder en chiites (partisans du calife Ali et de sa descendance), sunnites (partisans des Omeyyades, parents du calife Othman) et kharidjites («ceux qui se sont séparés», retirés du conflit).

source: Mémo  

Une petite référence: Dominique Sourdel, l'Islam médiéval, Paris, PUF, Coll Quadriges, 2005.



Repost 0
2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 19:04

Bienvenue sur Attarikh, ce terme signifie "l'Histoire" en arabe. Vous trouverez ici de nombreux articles sur tous les sujets et toutes les périodes concernant l'histoire du monde arabo-musulman ou plus largement de la civilisation islamique.


Bonne Visite!

L'Info du moment:

La Qala'a des Banu Hammad (Algérie, capitale de la dynastie Hammadide)

Fouillé depuis le XIXe siècle, le site de la Qal‘a souffre aujourd’hui des méthodes archéologiques qui furent employées par les premiers chercheurs. Certaines données manquent et l’état lacunaire des vestiges rend ces structures parfois difficiles à appréhender et à interpréter.

Cette forteresse (Qal‘a) en ruine, première capitale des Hammadides, fut édifiée dans un contexte de renforcement politique et économique de la dynastie. Cette ville résidentielle fut construite en trois ans. D’après les sources, elle connut au XIe siècle un important rayonnement culturel, scientifique et commercial, attirant des personnages célèbres de l’époque, comme le savant juif ‘Abd al-Rahîm ibn Isaac ibn al-Majlûn al-Fâsî, ou le poète et savant Abû al-Fadl ibn al-Nahwî. Dans le courant du XIIe siècle, la puissance de la ville commença à décliner au profit de Bougie ; pillée et détruite à plusieurs reprises, notamment par les Almohades, elle n’apparaît plus dans les sources après la fin du siècle.L’architecture et les objets produits à la Qal‘a témoignent de différentes influences, qui sont peut-être à mettre en lien avec la diversité de peuplement du site. Celui-ci a livré plusieurs édifices importants, comme une grande mosquée, plusieurs palais dont celui du Manâr, une citerne et un certain nombre d’objets utilitaires et ornementaux, ainsi que de la céramique à lustre métallique. Il constitue un excellent exemple de ville-forteresse, tirant partie de sa topographie : entouré de monts aux versants inaccessibles, le terrain très escarpé était bordé d’une large enceinte en pierre qui comportait trois portes principales. Une seule est relativement bien conservée, munie d’un porche rectangulaire et flanquée d’un bâtiment qui servait sans doute au corps de garde. L’aménagement urbain s’est fait sur les quatre parties plus basses du terrain, constituant des quartiers, chacun doté d’un palais : palais du Manâr, du Lac (Bahr), du Salut et de l’Étoile. Sur la partie la plus élevée s’étendait le coeur de la ville, où prenait place le palais du Lac, la Grande Mosquée et les bains. La partie Sud du coteau, plate et étendue, devait être réservée aux souks. Le très petit nombre de matériaux remployés sur le site s’explique par cette situation géographique escarpée.Les chercheurs de la Qal‘a se sont penchés sur l’origine des formes architecturales qu’ils découvraient. Plusieurs éléments ont été mis en lien avec l’Iran : l’arc en carène, les coupoles sur trompes en forme de demi voûtes d’arrêtes et les vastes niches en plein-cintre à fond plat du palais et du donjon du Manâr. Certains éléments comme la disposition des entrées des palais (avant-corps ornés de niches semi-circulaires et séparées de piliers) trouvent peut-être leur origine dans le porche de la mosquée de Mahdiya en Ifriqiya et celui de la mosquée al-Hakîm au Caire (Xe siècle). Une nette influence de l’art de l’Égypte transparaît dans l’architecture de la Qal‘a à travers des éléments de décor comme des ornements végétaux. Les niches semi cylindriques sont fréquentes à l’époque des Fatimides, des Zirides et des Normands en Sicile ainsi que les niches à fond plat que l’on connaît au palais d’Ukhaydir (Irak), à Kairouan, à Mahdiya ou à Sfax (Tunisie). On rencontre également des liens avec l’Espagne méridionale, à travers les chapiteaux composites et la disposition en terrasse de la ville, qui ne sont pas sans évoquer la ville de Madinat al-Zahra.

Si un grand nombre de chercheurs ont vu dans le décor de la ville des influences de l’orient musulman, l’art hammadide a ses caractéristiques propres qu’il a transmis à la Sicile et à l’Espagne. En effet, trois siècles avant l’Alhambra de Grenade, les trompes à demi voûtes d’arêtes, les stucs sculptés et les parements de céramique glacée bleue et blanche étaient déjà fabriqués et employés à la Qal‘a.

La mosquée de la ville fortifiée (Qal'a) des Hammadides.

Repost 0

Présentation

  • : Attarikh Histoire du monde arabo-musulman
  • Attarikh Histoire du monde arabo-musulman
  • : De l'Atlantique aux confins de l'Asie, l'histoire de la civilisation arabo-musulmane est ici mise en lumière. Ce blog a pour objectif de réunir un corpus documentaire sur l'histoire islamique pour tous les intéréssés, amateurs ou professionnels de la discipline historique.
  • Contact

Les infos du moment

 Le saviez-vous?

La langue française est composé de milliers de termes provenant de la langue arabe: cliquez ici !

C'est le savant Ibn Al Haytham qui découvre que la lumière entre dans l'oeil et non l'inverse comme le croyait les Grecs et Romains.


L'Empire arabo-musulman fût l'un des plus grands empires de l'histoire de l'Humanité et s'est constitué en moins d'un siècle, né d'une religion apparue en plein milieu du désert.

Le personnage historique:

 

Abou Al Qacim Al Zahrawi (latinisé Aboulcassis) est l'un des plus grands chirurgiens de tous les temps et sûrement le plus grand du Moyen Âge et de l'Islam classique, ses traités de chirurgie comportaient des descriptions d'instruments cliniques qu'il avait inventé (ophtalmologie, gynécologie), pratique de cautérisation. Traduit en Europe au XVème siècle, ils servirent pendant plus de 500 ans de références dans les universités d'Europe.  Cliquez ici pour découvrir ce personnage ! 

 

                                                                                                                       http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0e/17th_century_Persian_anatomy.jpg/383px-17th_century_Persian_anatomy.jpg

 

Recherche

L'ouvrage du moment

  L'Emir Abdelkader face à la conquête française de l'Algérie, de Mehdi Benchabane (ed: Edilivre)

L émir Abdelkader face à la conquête française de l Alg
L'émir Abdelkader (1808-1883) est aujourd'hui considéré comme étant l'Algérie incarnée en homme, sa personne et son oeuvre constituent un formidable révélateur des relations franco-algériennes au cours du XIXème siècle, et également de la position de l'islam face à la colonisation. C'est ainsi que sa lutte contre la France coloniale entre 1830 et 1847 se distingue par une persévérance et une durée surprenantes au vu de ses forces militaires. Celle-ci s'est appuyée sur une intelligence tactique, une foi musulmane profonde imposant une éthique de vie, et un véritable sens du dialogue avec les différents acteurs du conflit. Cet ouvrage met ainsi en lumière les raisons de cette résistance exceptionnelle.
Pour vous le procurer : CLIQUEZ ICI

Sondage

Sondage précedent:
Quelle zone de la civilisation islamique vous intéresse le plus ?
- 57% pour le Maghreb et Al Andalus
- 16% pour le Machrek
- 11% pour le monde persan.
- 7% pour le monde turc.
- 5% pour l'Asie du Sud-Est.
- 3% pour l'Afrique Sub-Saharienne.
Total: 219 votes.

Livre d'Or

Catégories