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 Bienvenue sur Attarikh, ce terme signifie "l'Histoire" en arabe. Vous trouverez ici de nombreux articles sur tous les sujets et toutes les périodes concernant l'histoire du monde arabo-musulman ou plus largement de la civilisation islamique.


Bonne Visite!

J'ai constaté en effet que sur la toile il n'y avait pas de véritable blog voir de site internet traitant régulièrement de l'histoire de cette ère civilisationnelle, c'est une des raisons pour lesquels j'ai ouvert ce blog. Vous y trouverez donc des informations, des références d'ouvrages, des biographies... Quoi qu'il en soit passez un bon moment sur Attarikh!


La civilisation islamique

 Mahomet, un prophète

 

Mahomet est né vers 570 à La Mecque, au sein de la tribu des Quraych. Orphelin très tôt, il est élevé par son oncle Abu Talib et se marie vers l’âge de 25 ans avec une riche veuve, Khadija, engagée dans d’importantes activités commerciales. A 40 ans, il commence à ressentir physiquement (sueurs, transes) la révélation divine. En rejetant le culte traditionnel des dieux protecteurs de la Mecque, Mahomet s’attire l’hostilité de sa tribu et il trouve refuge, en juillet 622, à Yatrib (future Médine). C’est l’Hégire (l’Exil), l’an I du calendrier musulman (1428 cette année…), qui correspond donc à la naissance du premier Etat musulman. Des combats militaires aboutissent au ralliement du principal clan mecquois, les Ommeyades, ce qui permet la soumission de l’ensemble des tribus de la péninsule arabique à la mort du Prophète, en 632.

 

 Une nouvelle religion du Livre

Il semble qu’au début, Mahomet se soit considéré comme le continuateur du prophétisme juif (l’Islam, c’est la religion d’Abraham, qui s’est détourné des idoles) et chrétien, et les premiers fidèles tournent leurs prières vers Jérusalem (en échange de la reddition de la Mecque à la nouvelle religion, c’est vers cette dernière que se tourneront ensuite les musulmans.) Le Coran abonde de références à la Torah et à l’Ancien Testament, et Mahomet n’est que le dernier des prophètes Adam, Noé, Abraham,  Moïse et Jésus (Abraham et son fils Ismail auraient même fondé le sanctuaire de la Kaaba). L’Islam distingue de la masse des infidèles les « gens du Livre », c’est à dire les Juifs et les Chrétiens.




 

C’est sous les successeurs (califes) de Mahomet que l’Islam prend une dimension universelle et s’arrache à ses origines arabiques. Bien que tous Mecquois, tous familiers du prophète, les 4 califes qui se succèdent jusqu’en 661 soumettent l’Egypte et la Syrie, arrachées à l’empire byzantin, et la Perse sassanide, dont la langue et la culture sont étrangères au monde arabe. Puis de graves dissensions sur la succession aboutissent à la première guerre civile de l’Islam et au schisme entre une minorité chiite (partisans d’Ali, cousin et gendre du Prophète) et la majorité « orthodoxe » sunnite. Les chiites attribuent la légitimité de la succession aux descendants de Mahomet, les imams, leur reconnaissant en outre le droit d’interpréter le Coran. Pour les sunnites, le message du Coran est clos à la mort du Prophète.  
   C’est la dynastie sunnite des Ommeyades – qui se succèdent de façon héréditaire – qui l’emporte et s’installe à Damas, en Syrie. Elle soumet – difficilement – le Maghreb berbère, l’Espagne (Al-Andalus), mais échoue devant les Francs chrétiens de Charles Martel (Poitiers, 732) et les Byzantins (Constantinople, 718). L’hostilité anti-arabe se développant, une nouvelle dynastie – les Abbassides appuyés par des Persans – usurpe le califat et fonde une nouvelle capitale à Bagdad, sur les rives du Tigre. L’empire s’étend alors de l’Atlantique jusqu’à l’Indus. Quelques centaines de milliers de combattants, animés de l’esprit du jihad, ont soumis un sixième de l’humanité. Les conquérants s’appuient sur une foi missionnaire, une langue commune, les « fonctionnaires » des empires perses et byzantins et leur tolérance des peuples soumis (juifs et chrétiens obtiennent le statut de dhimmis, qui leur permet de conserver leur religion et leurs coutumes moyennant un tribut).
 

 


 2)
Un carrefour pour les échanges entre l'Orient et l'Occident


Pour la première fois, l’empire arabo-musulman associe, de façon durable, deux civilisations jusque là fort éloignées : le sud de la Méditerranée occidentale, héritière des traditions gréco-romaine et judéo-chrétienne et le monde « oriental » de la Mésopotamie et de la Perse, ouvert sur les civilisations indienne et chinoise. Les souverains musulmans mettent l’héritage de ces deux foyers de civilisation au service de la nouvelle religion, dans les domaines de l’architecture (la mosquée de Damas emprunte aux églises), de l’administration (les califes s’entourent de lettrés juifs, persans, chrétiens – le théologien Jean Damascène est le chef de l’administration fiscale à Damas), des sciences et de la philosophie. Inversement, l’Occident découvre, lors de contacts ininterrompus pendant tout le Moyen-Age, l’usage du papier, des technique d’irrigation souterraines (les qanâts), les décors géométriques (les « arabesques » utilisés par les artistes musulmans à qui l’Islam interdit toute représentation figurée). La langue française conserve la mémoire de tous les produits dont les Arabes nous ont révélé l’existence, aliments (dattes, artichauts, café, sucre…), mobilier (divan, matelas, sofa…), plantes médicinales (camphre, soude, saccharine…), jeux (échecs), artisanat (satin, taffetas, damas…)

 

Peuples de marchands et d’artisans, les Musulmans maîtrisent longtemps les routes commerciales, terrestres et maritimes, notamment celles qui conduisent vers l’Orient indien et chinois. De Chine, ils rapportent la boussole, la poudre à canon et le papier[1]… D’Inde, ils ramènent les « chiffres arabes », la numération décimale et de position et l’usage du zéro. Ils sont les intermédiaires obligés du commerce mondial de l’époque, négociant à Antioche ou à Alexandrie les soieries de Chine et les épices d’Inde et d’Indonésie, à Bougie ou Tunis les esclaves, l’or, l’ivoire et le bois de l’Afrique noire[2].

 

 
3) Un Empire contesté par les monarchies occidentales

Étrangère au monde bédouin, la ville n’en fut pas moins une composante essentielle de la civilisation arabo-islamique, qui fut l’une des plus bâtisseuses. Les villes arabes, autour de l’an Mil, sont les plus grandes du monde : 200 000 à 300 000 habitants pour Cordoue, 500 000 pour Bagdad, qui seule peut rivaliser avec Constantinople.

Base arrière pour les nouvelles vagues de conquête, la ville est insérée dans le réseau de circulation des soldats, des marchandises et des ordres. Foyer religieux, où les médersas jouxtent les mosquées, foyer économique, autour des souks et des quartiers d’artisans, la ville constitue aussi un lieu de pouvoir, où se lève et se redistribue l’impôt, représenté par le gouverneur et le muhtasib (l’équivalent d’un préfet de police chargé de la police des marchés, du contrôle des prix et de l’ordre public).  
La ville (médina) est protégée par une muraille, parfois dominée par une citadelle, avec au cœur la grande mosquée, les médersas (écoles coraniques) autour desquelles s’organisent les souks, zones d’artisanat (orfèvres, relieurs, armuriers…) et de commerce (les marchands musulmans font connaître au monde chrétien les produits orientaux comme le riz, la pêche, l’abricot, le coton, le citron, l’orange, les épices, la porcelaine et le papier chinois). 
Les quartiers se développent spontanément selon des critères ethniques, religieux ou socio-professionnels. Des hammams (les bains) perpétuent la tradition des thermes romains, au centre de la sociabilité publique. Les habitations, sans ouverture sur la rue, préservent l’intimité des familles élargies, autour d’un patio central. A l’extérieur des murailles sont reléguées les activités polluantes ou dangereuses (teintureries, fours des potiers…)

Derrière ses murailles, « la ville musulmane s’édifie autour de deux pôles. D’une part, la grande mosquée qui réunit les fidèles pour la prière communautaire du vendredi. Et d’autre part, le palais du calife, du dynaste vassal de Bagdad ou du gouverneur de province. Parmi les édifices clés, on trouve quelquefois la bibliothèque, et toujours des bains par dizaines ou par centaines. La ville est aussi ponctuée d’espaces : les marchés, qui sont des centres diffus très largement étalés, et aux lisières, de la ville, des dépotoirs et les cimetières ». (André Miquel, in Les Cahiers de Science et Vie, n°71, octobre 2002, « Le monde des Mille et Une Nuits : le génie arabe. Enquête sur les secrets d’un âge d’or (VIIIè-XIIIè siècle).

Les grands commerçants (et parmi eux beaucoup de Juifs), les lettrés et les représentants du calife ne constituent pas une « bourgeoisie » urbaine. Les villes n’ont pas d’institutions spécifiques, et sans aucune autonomie, elles continuent de verser l’impôt à l’État, dans un monde islamique qui ne connaît pas la féodalisation.
A l’époque du calife Haroun el-Rachid (contemporain de Charlemagne et inspirateur d’une partie des Mille et Une Nuits), Bagdad est la plus grande ville du monde et son plus grand centre culturel. 

    
2) Un foyer de connaissances


Les Ommeyades les premiers développent lieux d’enseignement et bibliothèques. Leur entreprise est poursuivie par les Abbassides, qui s’estiment dépositaires de la science antique, qu’ils essaient de mettre au service de la nouvelle religion. Ainsi, ils s’intéressent plus à l’astronomie qu’aux ouvrages de droit (contenu dans le Coran). Fils d'Haroun el-Rachid, le calife abbasside Al-Mamun (813-833) crée à Bagdad un observatoire et la Maison de la Sagesse, acquiert ou confisque textes grecs, syriaques, arabes, invite traducteurs et savants, dont il privilégie l’approche rationaliste, proclamant même que le Coran est une création humaine ! C’est le début d’un « âge d’or » de la pensée islamique, du IX° au XIII° siècle.
Les avancées scientifiques se multiplient, lors de ces contacts : découverte de l’inclinaison de l’axe de la terre, mise au point de l’astrolabe, introduction du zéro en arithmétique, diffusion de l’algèbre... Des esprits scientifiques, comme le grand mathématicien et astronome persan du XII° siècle Omar Khayyam, sont aussi des poètes :


 

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  • : De l'Atlantique aux confins de l'Asie, l'histoire de la civilisation arabo-musulmane est ici mise en lumière. Ce blog a pour objectif de réunir un corpus documentaire sur l'histoire islamique pour tous les intéréssés, amateurs ou professionnels de la discipline historique.
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C'est le savant Ibn Al Haytham qui découvre que la lumière entre dans l'oeil et non l'inverse comme le croyait les Grecs et Romains.


L'Empire arabo-musulman fût l'un des plus grands empires de l'histoire de l'Humanité et s'est constitué en moins d'un siècle, né d'une religion apparue en plein milieu du désert.

Le personnage historique:

 

Abou Al Qacim Al Zahrawi (latinisé Aboulcassis) est l'un des plus grands chirurgiens de tous les temps et sûrement le plus grand du Moyen Âge et de l'Islam classique, ses traités de chirurgie comportaient des descriptions d'instruments cliniques qu'il avait inventé (ophtalmologie, gynécologie), pratique de cautérisation. Traduit en Europe au XVème siècle, ils servirent pendant plus de 500 ans de références dans les universités d'Europe.  Cliquez ici pour découvrir ce personnage ! 

 

                                                                                                                       http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0e/17th_century_Persian_anatomy.jpg/383px-17th_century_Persian_anatomy.jpg

 

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L émir Abdelkader face à la conquête française de l Alg
L'émir Abdelkader (1808-1883) est aujourd'hui considéré comme étant l'Algérie incarnée en homme, sa personne et son oeuvre constituent un formidable révélateur des relations franco-algériennes au cours du XIXème siècle, et également de la position de l'islam face à la colonisation. C'est ainsi que sa lutte contre la France coloniale entre 1830 et 1847 se distingue par une persévérance et une durée surprenantes au vu de ses forces militaires. Celle-ci s'est appuyée sur une intelligence tactique, une foi musulmane profonde imposant une éthique de vie, et un véritable sens du dialogue avec les différents acteurs du conflit. Cet ouvrage met ainsi en lumière les raisons de cette résistance exceptionnelle.
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